Zone de Texte:
Août 2007
Voilier : Camerone
Skipper: Marcus
Équipiers: Tito, Maël, Jon

Parcours :  Retour dans le golfe du Lion
Événements principaux : Trajet erratique pour trouver le vent

Mars - Avril - Mai - Juin - Juillet - août - Conclusion

C'est le retour vers les côtes de France. Les conditions d'un vent favorable nous portant vers notre port de retour étant peu propices,
il nous faudra profiter de chaque opportunité pour mettre le cap sur Gruissan : Point final de ce voyage.

 A partir de Malte chaque fois que la direction du vent nous sera favorable, nous mettrons le cap sur la France.

Nous irons donc dans la direction où nous portera le vent.

C'est donc la fin de ce voyage, la fin d'une aventure.

Mais déjà se profile au-delà de cette mer, un nouveau et long voyage, une dernière et grande aventure.

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L'escale sur l'île de Malte aura été plus longue que celle initialement prévue. Le lendemain de notre arrivée, un fort coup de vent sur la région nous contraignit à repousser notre départ vers la Tunisie.
les jours d'après il fallut abandonner l'idée de rejoindre dans les jours suivants les côtes tunisiennes. Les cartes météorologiques indiquaient des vents contraires ou leur absence totale.
C'est donc l'expectative à bord de Camerone.
C'est peut être vers les côtes sud de la Sicile qu'il faudra chercher notre route.
Le plaisir de la mer et de la navigation c'est aussi l'incertitude.

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La capitale de l'île de malte, La valette, présente deux aspects différents. D'une part une citée ancienne avec son architecture faite de citadelles fortifiées et de rues aux maisons victoriennes, et une ville active et moderne ou se presse la jeunesse européenne d'autre part.
Nous passons quelques jours à parcourir ses rues animées et à déambuler le long de la corniche qui domine la mer en attendant que le vent tourne. Celui ci tardant, nous poussons jusqu'à l'île de Bozo à quelques milles au nord que nous quittons le lendemain après avoir passé la nuit dans son minuscule port.
Malgré l'absence de conditions favorables pour poursuivre notre route vers l'ouest et atteindre les côtes de Tunisie, nous hissons les voiles et prenons la direction du nord ouest, la seule que nous permet le vent. C'est donc vers les côtes sud de la Sicile que pointe notre étrave.
A quelques milles du port d'Empoldocle, nous nous retrouvons englués dans un brouillard très épais avec une visibilité inférieure à trente mètres. Tito se porte à l'avant du bateau avec la corne de brune pour signaler notre présence.
Nous progressons très lentement sur une mer plate. A quelques centaines de mètres du port, nous n'apercevons toujours pas les balises d'entrée; nous redoublons de prudence. Maël est à la barre, Marcus derrière la table à carte les yeux rivés à la fois sur l'écran de l'ordinateur et la carte numérique sur laquelle la trace du bateau s'inscrit et le radar où le pinceau balaie régulièrement l'écran et fait apparaître les contours du rivage tout proche.   -->

                   
 Les commerçants tunisiens ont de l'humour

Nous pensions rester quelques jours dans la charmante cité Tunisienne, mais l'étude des cartes météo que nous avons reçues nous obligent à abréger notre séjour et à profiter de conditions favorables pour gagner la Sardaigne.
Seuls 140 milles nous séparent de la grande île, mais avec un vent erratique, nous ne savons pas quelles côtes nous allons aborder. Au petit matin nous longeons la côte est. Marcus est de quart, quant en quelques minutes, le vent qui soufflait alors à moins de dix noeuds tourne de cent quatre vingt degrés et couche Camerone sous une rafale de plus de quarante noeuds. Nous apprendrons plus tard en lisant notre guide nautique qu'il s'agit de vents tombant de la montagne et que l'on appelle "vent catabatique". Tito, puis Jon sont appelés en renfort sur le pont. Il faut être très vigilant et réduire la voilure. Nous atteignons avec difficulté le petit port de Cala Gogone en milieu d'après- midi. Le vent est toujours très fort et ses rafales encore plus violentes. A l'intérieur du bassin,
saturé par des vedettes à moteur, nous sommes toujours soumis à de fortes rafales et la manoeuvre d'amarrage est difficile. Nous nous accrochons au quai, mais un préposé de la marina du port nous fait de grands gestes nous demandant de quitter le port. Comme Camerone n'est plus manoeuvrable sous la pression du vent, nous restons amarrés au quai. Bientôt le chef de la marina est là et nous explique en anglais, qu'il n'y a plus de place dans le port, et que nous devons en sortir afin de laisser la place aux bateaux qui ont réservé. Tito essaye de lui faire comprendre, que l'on voudrait bien sortir, mais qu'avec le vent qui souffle fort dans le port, on ne peut pas bouger. Le ton monte. Jon calme Marcus qui commence à s'énerver à l'encontre du personnel de la marina.
Enfin, à l'aide d'un gros zodiac qui nous aide à manoeuvrer, nous pouvons sortir de ce port particulièrement accueillant.
Nous lâchons notre ancre devant la plage à quelques mètres de l'entrée du port. Mais bien vite l'on tire la conclusion que nous ne pouvons conserver ce mouillage. Des dizaines de vedettes à moteur entrent et sortent du port et virevoltent dans des gerbes d'écumes d'eau autour de nous, des bourrasques violentes de vent font tournoyer Camerone sur son ancre. Nous reprenons notre route vers le nord avec un vent défavorable qui nous contraint à des bords répétés. Le vent catabatique continue à fondre régulièrement sur nos voiles. Marcus observe avec inquiétudes les toiles qui se tendent.
Et ses craintes se révèlent justes. Au cours d'une rafale plus forte que les autres et observée par Jon ( 54 noeuds) une couture de la voile d'avant cède.
Nous nous fixons dans le port industriel d'Arbatax. l'endroit n'étant pas des plus accueillant et convivial, nous décidons le lendemain de gagner le port de la Caleta. La marina est bien organisée et son prix pas encore prohibitif. Mais l'endroit est très touristique et Marcus ne peut que manifester sa réprobation devant le prix du kilo de tomates à plus de trois euros, alors qu'à quelques milles il est à moins de deux euros. Et comme nous ne trouvons pas d'entreprise pour recoudre notre voile, nous décidons de rejoindre la grande ville et le grand port industriel d'Olbia distant de moins de quarante milles. Trouver une place le long de l'ancien quai commercial laissé à la plaisance est difficile, mais nous nous insérons pourtant en bout de quai après avoir repoussé un voilier français sans que le couple qui dormait à l'intérieur s'en aperçoit.
Approvisionnement auprès du discounter très proche et réparation de la voile, tel son nos premières préoccupations. Après avoir parcouru à bord de notre zodiac le port industriel, nous trouvons en pleine ville une petite boutique qui peut bien recoudre notre voile. Mais comment transporter sans véhicule celle ci ? Un caddie abandonné le long du quai, nous fournit la solution. Marcus et Tito iront donc "pousser le caddie" avec à l'intérieur notre toile décousue. Deux jours d'escale, puis nous reprenons notre route vers le nord et la région la plus touristique de la Sardaigne.
Peu de vent et  nous sommes comme d'habitude, le seul voilier a avoir ses voiles hautes. Nous sommes sans cesse dépassés ou croisés par des petites embarcations à moteur ou de grosses unités  surmontées d'antennes et de radomes qui créent  d'importants  remous et nous soumettent à de forts balancements sur les bords.
Nous sommes excédés. Nous arrivons en fin d'après midi dans la baie de Marinella. Beaucoup de bateaux au mouillage, mais dès la nuit tombée, nous sommes seuls.
Dès le lendemain, Marcus, décide de s'éloigner de la côte et de la région de surencombrées  de porto Cervo. En effet, nous sommes, et particulièrement Marcus qui est passé dans la région l'année précédente,  stupéfaits du nombre d'embarcations qui circulent sur cette partie de la côte.
Au cours de la journée suivante, nous passons "la frontière" et atteignons les eaux territoriales françaises après plus de cinq mois d'absence. Nous longeons les îles Lavézi, mais pas question de s'y arrêter. l'endroit est "surbooké"
Nous souhaitons gagner le port de Bonifacio pour faire les pleins d'eau et d'électricité. Mais l'écoute de la fréquence du port, nous fait comprendre qu'il ne faut pas que nous comptions nous y amarrer. Nous nous glissons alors dans l'étroite échancrure rocheuse à l'entrée du port de Bonifacio. Nous jetons notre ancre et portons une amarre à terre. Dès la fin de la journée l'endroit est complet. Nous resterons trois jours dans ce mouillage à démêler les ancres et les chaînes entremêlées entre les voiliers et Tito, comme à son habitude sera une aide pour les plaisanciers en difficulté d'amarrage.
Il s'agit maintenant de prévoir notre retour dans le golfe du Lion et le port d'attache de Camerone. Nous remontons les côtes ouest de la Corse et arrivons à Cargèse un matin. Nous trouvons une place dans le port. On va pouvoir procéder aux opérations d'entretien. Mais celles ci seront réduites. En effet, l'eau est rationnée: une heure par jour seulement. Le temps est froid et couvert. Nous avons ressorti les pulls. Nous sommes maintenant depuis  deux jours mouillés devant le port. Pas question de payer cinquante quatre euros par jours dans l'attente de conditions météorologiques favorables pour parcourir 260 milles jusqu'au port de Gruissan. Et celles ci tardent. Deux fois par jour Marcus réceptionne les cartes de prévisions. 

 


                                L'île de Malte : La valette

Enfin nous apercevons la digue et nous rejoignons deux voiliers au mouillage après qu'une vedette du port fut venue nous guider.
Dès le lendemain, après un peu d'avitaillement, nous reprenons la mer malgré des conditions de navigation exécrables : Vent contraire et houle formée.
Le vent est soutenu, puis devient fort dans l'après midi. Nous effectuons de nombreux bords avant qu'au cours de l'un deux nous déchirions notre voile d'avant. Plus questions de poursuivre vers la Tunisie, il faut se résoudre à faire demi tour et regagner le port de Sicile. En fin de soirée, nous nous amarrons avec difficultés le long d'un quai entre deux chalutiers de pêche, car ce port n'est pas prévu pour accueillir des bateaux de plaisance. Aux aurores, il faut nous rendre à l'évidence, nous ne sommes pas les bienvenus dans le port de pêche. Et malgré le geste amical d'un patron pécheur qui nous jette sur le pont une caissette de langoustines, il nous faut quitter le port, non sous les baïonnettes de la "guardia civil", mais sous l'injonction de la "Guardia costeria".
Notre voile sommairement recousue, nous gagnons la haute mer et avec des vents porteurs, nous pénétrons dans le port de Kélibia sur la pointe nord est de la Tunisie. L'accueil toujours sympathique des autorités et les formalités vite expédiées nous nous retrouvons en ville sur la place du marché attablés devant une tasse de thé à la menthe, avant d'aller  remplir nos sacs de fruits, de légumes, de poissons et  de viandes.
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 Un vent catabatique: Rafales de plus de 40 noeuds


                             La Calanque de Bonifacio


                                   Le port de Cargèse

Ce n'est que le 23 août soir que nous mettrons les voiles en direction de l'ouest.
Les prévisions se révèlent  faussent et c'est au souffle des brises  que nous atteindrons le 26 août à 17h notre ponton de départ, 170 jours après l'avoir quitté.

                                                FIN

                                                                      Gruissan le 29 août 2007

 

 

                                              Lire la conclusion sur ce voyage

Zone de Texte: Merci à mes équipiers qui ont permis que ce voyage se réalise
A bientôt sur les océans.
                       Marcus