10/08/2008 Voyage en absurdie s Ne fait pas à autrui ce que tu n'eus pas aimé qu'on te fit.
Voilà quelques années que je n'avais embarqué en tant qu'équipier. Ma dernière expérience, au cours de mon tour du monde fut riche d'enseignements, que j'exploitais lorsque que propriétaire, j'embarquais à mon tour des équipiers.
Pendant que le voilier Camerone se reposait au ponton de son dernier voyage, je décidais donc durant quelques jours d'embarquer comme équipier à bord d'un voilier.
Depuis quatre ans une vingtaine d'équipiers se sont succédé à bord de Camerone pour des embarquements d'une durée de quelques semaines à plus de huit mois. Globalement je suis très satisfait de tous ces jeunes qui m'ont accompagné durant mes voyages. Bien entendu, lors de mes premières années comme skipper, certain de mes équipiers étaient plus expérimentés que moi, et j'appris beaucoup avec humilité à leur contact. Plus tard, je fus irrité par les critiques récurrentes de certains qui contestaient mes choix techniques, mais sans pour autant altérer l'ambiance du bord ou que l'équipier quitta le bateau.
Je répondis à une annonce parue sur le site STW, ce qui est synonyme de sérieux. Un Ovni recherchait un équipier pour une croisière d'une dizaine de jours aux îles Baléares au départ d'un port de méditerranée. Celle-ci précisait que le voilier était bien équipé et le skipper présentait tous les gages de compétences. Le départ était prévu pour le sept août. Mais le bateau était encore sur ber à cette date et ne fut remis à l'eau que l'après midi. Je me présentais donc au ponton le huit matin très enthousiaste à l'idée de me retrouver simple équipier et de pouvoir enfin découvrir un bateau de rêve : l'Ovni.
Je m'étais fixé des règles que j'entendais bien respecter. À savoir, ne pas me comporter vis-à-vis du skipper comme certains le furent à mon égard. Ne pas critiquer les choix du "Cap'tain" si je ne suis pas sollicité, tout juste émettre un avis avec aménité et politesse.
Bien entendu, certains des lecteurs vont trouver dans les propos ci après que je suis excessif et peut être trop rigoriste. Mais je ne peux changer ma personnalité et peut-être croyais-je trouver à bord de l'Ovni, ce que j'offre à mes équipiers lorsqu'ils montent sur Camerone.
S... , le propriétaire skipper, âgé d'une cinquantaine d'années m'accueillit sur le quai ou son voilier attendait que les derniers équipements fussent installés par les techniciens du chantier naval. Une des deux cabines qui m'étaient destinée n'était pas prête. Je laissais donc mon sac sur le quai. La seconde cabine était occupée par la femme du propriétaire, une jeune et sympathique ressortissante russe d'une trentaine d'années et son fils de dix ans.
Pendant que S.. s'activait dans les dernières vérifications du voilier, je fis la découverte de "mon voilier". Je fus un peu déçu préalablement. L'Ovni avait déjà plus de vingt-cinq ans. Malgré son aspect défraîchi, il dégageait cependant un sentiment rassurant.
Après qu'il m'eut interrogé sur l'opportunité du départ, et une étude complète des cartes météorologique, je suggérais à S... de mettre les voiles dès l'après-midi pour bénéficier de la "queue" de la tramontane. Mon skipper confirma ma proposition et décida de gagner l'île de Minorque en une seule traite avant la bascule des vents qui aurait lieu dans trente-six heures. Le voilier étant prêt, nous fîmes les derniers avitaillements. Mais bien vite je compris que sa jeune femme, sans aucune expérience nautique, était peu enthousiaste pour cette croisière. Et de tergiversation en atermoiement, notre départ fut repoussé au lendemain.
Nous franchîmes les balises d'entrée du port languedocien en fin de matinée. Le vent portant soufflait à quinze noeuds et la mer était agitée, mais navigable.
- On met les voiles me demanda S... ?
Je lui répondis par l'affirmative alors que libérais les écoutes du génois.
- On hisse la trinquette ?
Je partis d'un grand éclat de rire à sa question, posée sous forme de boutade. Mais devant sa perplexité, je compris que sa question était sérieuse.
- Non, répondis-je, on va dérouler le génois. Nous sommes au portant à 150° du vent. Des conditions optimales.
- Ah bon. D'accord, on met le génois.
Ce dernier se bomba rapidement. l’Ovni s’appuya sur ses bouchains puis accéléra doucement. De l’écume apparut à sa proue et notre petit voilier se mit à courir sur les flots à plus de huit nœuds.
Je n'avais jamais navigué sur un dériveur lesté et je fus enthousiasmé par sa vitesse mais aussi son équilibre dans cette mer formée. Les milles s'accumulaient. Après des dernières vérifications et affiché sur le pilote la route de fond, J'expliquais à S... que je n'avais pas l'intention de barrer jusqu'aux Baléares, car avec une éolienne, un panneau solaire, et un hydro générateur, il avait une production électrique suffisante pour utiliser le pilote automatique. Je gagnais enfin ma cabine pour ranger mon sac.
S..., à la table à, cartes plaçait des waypoints sur la carte numérique du PC, pendant que la station radio météo enregistrait les fichiers Gribs.
Pour atteindre Minorque distante de 150 milles, nous n'avions que vingt-quatre heures avant que les vents ne deviennent défavorables. Mais avec des vents établis de plus de quinze nœuds et notre vitesse actuelle, nous pourrions être sur la côte nord de l'île avant la bascule des vents.
Dans l'après-midi, alors que je prenais un peu de repos dans ma cabine, l'Ovni se mit à rouler sur ses bords, et j'eus l'impression au bruit sur la carène que notre vitesse avait décru. Je montais sur le pont. Je découvrais stupéfait le génois enroulé de près de trois quart. Je me tournais vers S... assis dans le cockpit, mais n'osais pas la moindre remarque. J'étais interdit, mais aussi inquiet lorsque j'avisais sur le cadran du spidomètre que notre vitesse était comprise entre deux et trois nœuds. Dépité, je m'en retournais silencieux dans ma cabine.
Nous passâmes ainsi la nuit sous toilé, alors qu'il me semblait entendre notre petit voilier gémir et crier:
- Donnez-moi mes voiles, je vous en prie, je veux danser avec les vagues et courir avec le vent.
Au matin, je n'osais demander au Cap'tain le nombre de milles que nous avions parcouru. Du reste, la chose lui semblait difficile à calculer, puisque lorsque les vents se mirent à fléchir, signe avant coureur d'une prochaine bascule, et que je lui posais la question, il lui fallut plus d'un quart d'heure derrière l'écran du PC pour me fournir la réponse.
À la fin de mon quart, les vents s'étant portés au sud est, je lui suggérais d'abattre d'une dizaine de degrés pour augmenter notre vitesse. Il acquiesça et dans un premier se trompa avec les commandes du pilote. Nous nous retrouvâmes la voile à contre. Le voilier sur son nouveau cap, je gagnais ma cabine.
Je ne pus trouver le sommeil que difficilement. Alors qu'enfin je m'assoupissais, je fus réveillé par le bruit assourdissant du démarrage du moteur. Je montais aux nouvelles sur le pont.
- Y a plus de vent, on va poursuivre au moteur, dit S..., avant que je ne pose la moindre question. Il avait anticipé celle-ci.
Je ne fis aucun commentaire, je m'assis dans le cockpit et consultais discrètement l'anémomètre interfacé avec le spidomètre. Le vent réel affiché était de quatorze nœuds. Dans la descente du roof, j'interrogeais du regard l'écran du pilote automatique. Nous avions repris notre cap initial. Désappointé,anéanti, je regagnais ma couchette.
Je repris mon quart au levé du jour. Les vents s'étaient renforcés. Mais ils venaient du sud. Exactement de notre cap. Nous étions toujours au moteur et notre vitesse de moins de deux nœuds.
Je ne savais plus que faire. Alors qu'il aurait suffit de sortir toute la voilure et d'abattre de trente degrés pour filer à plus de huit noeuds. Je pensais à cet instant à mes anciens équipiers à bord de Camerone. Qu'aurait été la réaction de Jon, de Tito, de Gauthier , de Léo, d'Arno, mais aussi tous les autres face à cette situation. J'arrive à sourire en repensant à ce que me dit un jour Jon, alors que je venais de mettre le moteur en appui des voiles pour réduire l'effet dévastateur d'une houle traversière.
- Marcus, tu vas pas nous mettre longtemps ton moteur. Souviens-toi de ce qui est arrivé au Capitaine du Bounty dit-il avec un sourire espiègle. T'as qu'à abattre un peu plus. Nous, on est là pour faire de la voile pas du moteur.
Trente six heures de moteur. Désolant, désespérant, abrutissant, décourageant, éreintant, confondant, consternant, saoulant, navrant, atterrant, décevant, mortifiant, désappointant, regrettable, lamentable, Quarante heures pour faire cent milles. C'est plus de moteur que pour la traversée ouest-est de l'Atlantique. C'est plus que lors de mon dernier voyage de quatre mois en méditerranée.
Nous avons lâché notre ancre dans la baie surencombrée de Fornells. Un rapide avitaillement, puis la décision est prise après avoir visualisé la carte météorologique de rejoindre durant la nuit la baie de Pollenca au nord est de l'île de Majorque à moins de cinquante milles pour trouver des conditions de séjour plus acceptable que celles où nous sommes présentement.
Nous remontons notre ancre à dix-neuf heures.
Les conditions de navigations peuvent être qualifiées d'idéales. Un vent du sud de dix huit à à vingt nœuds sans rafales. Une mer calme.
Je prenais le premier quart à vingt et une heure. Nous étions entre le travers et le bon plein. Les penons du génois étaient à l'horizontal. Notre grande voile arrisée à son premier ris. Notre vitesse de plus de sept nœuds. La lune s'inscrivait dans son premier quartier comme je l'avais expliqué au jeune moussaillon, passionné par les constellations. Malgré ses dix ans, il me surprenait par sa maturité, son intelligence et sa capacité d'assimilation. Quelques minutes lui avaient suffi pour prendre en main la barre du voilier qui lui passait au-dessus de la tête.
A minuit, je passais les consignes de quart à S...
- Nous sommes sous bâbord amure, notre vitesse est de sept nœuds, à moins de trente milles des côtes de Majorque. Notre cap est au 152. Il faut tenir compte du courant portant au nord et de la dérive dans le canal de Mallorca.
D'autre part, les vents vont se renforcer dans le canal et s'orienter vers l'ouest au fur et à mesure que nous nous rapprocherons des côtes.
- D'accord, on va prend un deuxième ris indiqua S...
- Je crois que l'on peut attendre que l'anémomètre indique des vents établis à plus de vingt nœuds répondis-je.
- Non, non, répondit le Cap'tain, nerveux, on le prend de suite.
- D'accord c'est toi qui décides.
Et sans plus, je rejoignais ma couchette après avoir réduit la grande voile qui ne comportait que deux ris.
Depuis le matin, le frigo ne fonctionnait plus. Les vivres frais étaient altérées.
Troisième nuit sans pratiquement dormir. Et le sommeil qui ne venait toujours pas. La chaleur était prégnante. Je ne pouvais ouvrir mon hublot. Quelques vagues venaient de temps en temps se jeter sur le pont. Mais on avançait bien. J'envisageais notre entrée dans la baie de Pollenca avant le lever du soleil.
Je m'efforçais de maîtriser ma respiration et de décontracter mes muscles pour favoriser mon endormissement. Je n'allais quand même pas compter des moutons, ou plutôt des dauphins !
Puis le voilier se mit à se balancer d'un bord sur l'autre. Des bruits de chutes et de choc dans le carré se firent entendre. Je m'extirpais avec difficulté de ma cabine et montais sur le pont.
- Qu'est ce qui se passe ?
- J'ai réduit à cause des vents répondit S... assuré.
Il ne me fut pas nécessaire de consulter l'anémomètre pour m'assurer que les vents étaient toujours constants depuis notre départ.
Presque avec effroi, je constatais que le génois avait disparu au profit d'une petite trinquette auto vireuse plus adaptée pour un près serré sous plus de trente noeuds qu'avec nos conditions actuelles.
- Oui je sais, dis S... presque gêné devant mon air abattu, mais je suis plus rassuré ainsi.
L'aiguille du compteur du spidomètre tomba sous les deux noeuds. Je restais dubitatif, sans réponse.
Je retournais m'allonger sur ma couchette humide tout en sachant que je ne trouverais pas le sommeil pour cette nuit encore.
Je fus presque satisfait de reprendre mon quart à trois heures du matin.
S.. m'indiqua comme consignes le passage d'un cargo, puis rejoignit la couchette du carré.
Durant ces trois dernières heures, nous avions parcouru un peu plus de cinq milles. Mais ce qui me sidéra le plus, c'est que le phare de Polenca que nous devions avoir en visualisation sur notre tribord était en fait sur bâbord. Je constatais sans plus de surprise que S... avait remis le cap de surface, ce qui signifiait qu'avec notre vitesse actuelle notre dérive était proche de notre vitesse de déplacement.
Affligé, consterné, ballotté, agité, secoué, je subissais comme le reste de l'équipage les mouvements erratiques du voilier livré tel un bouchon sur l'eau.
Au levé du jour, comme prévu, les vents incurvèrent à l'ouest. Notre vitesse tomba à moins d'un nœuds. J'étais attristé. Je n'osais même plus m'enquérir de l'état de nos passagers dans la cabine avant.
Par habitude, je soulevais le hublot de ma cabine donnant dans le cockpit. S.. s'était assoupi. Je montais sur le pont en faisant suffisamment de bruit pour le réveiller. J'en étais gêné.
Vers sept heures, notre skipper ne sut estimer notre déplacement par rapport à un chalutier en action de pêche, et après qu'il fit une fausse manœuvre manqua de très peu la collision. J'étais consterné.
Bientôt nous eûmes le vent "dans le nez". Je découvris alors des bords effectués au moteur. J'étais atterré, abattu.
Nous atteignîmes notre zone de mouillage en fin de matinée.
Il faisait très chaud. S... se mit à l'eau.
Fin de la séquence navigation.
Lors du passage de quart durant la nuit, j'avais exprimé mon mécontentement à S... sur la façon dont ce déroulait cette croisière. Celui-ci m'expliqua qu'il avait des craintes et qu'une faible vitesse l'apaisait. Je ne savais que répondre. Pouvais-je lui expliquer que la sécurité et le confort résidaient principalement dans un bateau bien équilibré sous voiles, et que la vitesse y était indissociable ?
Je lui indiquais que je ne me voyais pas poursuivre un voyage dans de telles conditions. Et qu'il devait penser à sa femme qui souffrait et à son fils qui voulait profiter un peu des joies du bain de mer.
Il ne fit aucun commentaire. Il ne m'adressa plus la parole que pour m'appeler à l'aide .
J'étais pourtant consterné d'en arrivé là. Jamais un de mes équipiers n'avait ainsi quitté le voilier au cours d'un voyage. Quelques mots de sa part pour me rassurer sur la suite de la croisière auraient suffi pour que je ne l'abandonne pas ainsi.
Sa femme et le jeune moussaillon épuisés quittèrent aussi le navire pour rejoindre Barcelone par avion.
Que dire en conclusion ?
Je m'interroge encore :
- N'ai-je pas été incorrect d'abandonner ainsi "mon skipper" ?
- Mon attitude a t-elle été la bonne ?
- Y avait-il une autre possibilité ?
J'eus un pincement au cœur en entendant les cris du petit moussaillon s'adressant à son père au moment où il quittait le bateau :
- Papa, papa, que vas tu faire tout seul sur le bateau ?
Marcus
août 2008
20/05/2008 Plaisanciers : Spécimen à pressurer s Qui suis-je, où vais-je ?
Je ne suis pas un marin, tout juste un plaisancier.
Pas un amoureux exclusif et obsessionnel de la mer. Mais épris de liberté et de grands espaces.
Ni même un vertueux écologiste. Au plus soucieux de la qualité et respectueux de l'environnement.
Encore moins un épris de solitude en quête d'horizons perdus et de terres lointaines.
Seulement un homme à la recherche d'un nouvel équilibre entre indépendance respect et découvertes.
La mer a répondu à mes appétences et à mon attente. Et j'ai trouvé beaucoup de satisfactions et de plaisirs personnels. Par les contacts et l’apport de mes équipiers. Par les rencontres au bout d’un quai ou sur les bords d’un ponton au hasard des escales. Par la découverte de nouveaux pays et de nouvelles cultures.Au cours de ces cinq dernières années, après avoir navigué plus de trois ans et à l’aune de cette petite expérience, je crois nécessaire de faire un bilan en forme de perspectives. Car la plaisance évolue à un rythme et selon une conformation qui me semblent devenir incompatibles avec les préceptes que je donne en introduction.
Je ne peux accepter que les plaisanciers soient:- Catalogués de « nanti » et traité comme tel
- Considérés comme un « tiroir caisse » et n’avoir en guise de pavillon que l’emblème d’une carte bancaire
- Pris en otage par les marins pécheurs
- Rackettés par les marinas
- Taxés par l’état.
- Irrespectés par les loueurs de voilier de la petite semaine et les skippers professionnels.
A suivre………Marcus.
Eolienne le 30 mai 2008.
02/05/2008 Tabarka entre déshérence et renouveau s Ou est le point d'équilibre
Pour tout observateur, un tant soit peu curieux Tabarka, petite ville côtière et frontalière du nord de la Tunisie, comporte des contrastes plutôt saisissants. Et sans inférer ou généraliser à l'ensemble de ce petit pays hospitalier, le constat est souvent récurant. Mais, et sans entrer dans des considérations plus générales, n'est-ce pas également le cas de la plupart des anciennes colonies françaises ?Revenons donc à ce petit port tranquille et touristique en saison.
- Je voulais vous parler de cette petite bourgade de 7000 habitants nichée entre montagnes et mer.
De cette ville ancienne fondée par les phéniciens
Les Romains développent considérablement le petit port et ils en exportent le liège, le bois et le marbre de l'arrière pays (Chemtou). Prospère, la ville se dote de magnifiques villas et de beaux édifices publics. A l'époque chrétienne, elle devient un des plus importants évêchés de l'Afrique. De nombreux couvents, des basiliques et des chapelles sont érigés. Une sainte Maxime aurait été abbesse d'un de ces couvents.
- J'aurais pu vous entretenir de son festival de musique, qu'une statue portant un saxo et venant d'être érigée, glorifie . Et qui se déroule dans un superbe théâtre de type "romain" tout en béton armé et dont les fers à béton émergent encore. On pourrait appeler cela "brut de décoffrage".
- J'envisageais de vous décrire, le quai où nous sommes amarrés depuis deux semaines, et qui marque la survivance d'une ancienne et charmante marina avec toutes les commodités pour les voiliers en transit. Il subsiste bien quelques fils électrique avec des dominos qu'un bricoleur peut raccorder, mais il n'y a plus depuis longtemps d'abonné derrière les prises téléphonique. L'année précédente, nous indiquions, que les sanitaires n'avaient pas vu une serpillière depuis leur achèvement, mais présentement elles sont fermées pour travaux.
- Je pensais vous conter ces immenses complexes hôtelotouristique ghettoïsés situés à la périphérie de la ville et qui sont au nombre d'une quinzaine avec leurs centaines de chambres. Entourés d'enceintes avec entrée protégée par un portail électrique et gardiens, ils affichent très hautement les quatre ou cinq étoiles qu'ils se sont attribuées.
Bien entendu, la forêt côtière est rasée pour laisser la place à de magnifiques terrains de golf de 18 trous, maintenus toujours verdoyant par un arrosage permanant, que les riches pétrolier arabes et les nouveaux riches européens parcourront en poussant leur ventre rebondi.
- Je n'écrirai rien, par égard aux jeunes aventureux qui nous font l'honneur de parcourir ces modestes pages, sur les jeunes garçons tunisiens qui pour 6€ vous propose "le sexe".
- Pas plus, que je vous entretiendrais sur ce que j'appelle :" la téléphomania portable". Il n'est pas un habitant qui ne déambule avec un téléphone portable à la main, le consultant fréquemment et répondant avec exubérance et volubilité.
- NON, je souhaite vous parler en toute simplicité de la Tunisie, accueillante et des ses habitants, tellement agréables et simples. Et pour le mieux n'est-il pas plus aisé de vous retracer une de mes journées au ponton ? Et précisément celle d'hierIl était six heures trente lorsque j'émergeai dans le cockpit. La lumière du jour était déjà forte et m'éblouissait . Le soleil apparaissait derrière les remparts du fort génois. A cette heure le port de pêche était encore engourdi. L'eau d'un vert bouteille dégageait une odeur de gasoil prégnante. Ca et là des auréoles, nimbaient la mer autour du voilier.
Par reflexe, je consultais le thermomètre qui indiquait 20 degré et le baromètre qui était stable depuis quelques jours sur les hautes pressions. Je mis la bouilloire sur le feu et me rasais. France-info captée sur le poste à modulation d'amplitude du bord diffusait les éternelles récriminations des Français qui font leur la célèbre phrase du Président JF Kennedy : " Demande toi ce que tu peux faire pour ton pays et non pas ce que ton pays peut faire pour toi". Je coupais rapidement la litanie récurrente des disciples du toujours plus et des adeptes de la moindre concession.Ma tasse de café à la main, je m'installai dans le cockpit pour apprécier cette nouvelle journée en Tunisie. Devant moi, commençait à défiler l'éveil de l'activité du port. Les employés du restaurant nettoyaient la terrasse à grande eau. Des équipes de trois ou quatre pêcheurs gagnaient leur bord en discutant. Le magasin de souvenirs accrochait ses tapis de Kairouan et alignait ses pipes à eau.
- Bonjour Capitaine, alors une belle journée devant nous ?
J'appréciai le salut matinal de Chérif, le responsable du port, qui venait comme tous les matins s'enquérir de nos problèmes éventuels.
- Salut Chérif, Il commence déjà à faire chaud, et ce sera une journée sans vent.
- Vous savez qu'aujourd'hui c'est le souk en ville. Y aura tout un tas d'affaires à faire.
- Merci, mais j'y suis allé la semaine dernière, et je ne sais même pas où mettre le service à thé que j'ai acheté.Les rayons du soleil commençaient à chauffer le pont. J'enfilai un polo, prenais mon petit sac, et me dirigeais vers le centre ville distant d'à peine quelques centaines de mètres. Les rues, comme à leurs habitudes étaient déjà bien animées et les chalands nombreux déambulaient entre les rues et les trottoirs encombrés. J'examinais avec attention les produits sur les étales. Je choisissais un kilogramme de belles tomate pour 0,45€, un gros melon à 1€, puis une salade pour 0,15€, enfin je remplissais un sac avec des pêches pour 0,80€. Je saluai la sympathique et jeune boulangère et posais sur sa table les 0,14€ pour le gros pain que je lui prenais. Je fus happé comme chaque matin par le vendeur de vêtements qui voulait depuis deux semaines que je m'équipasse avec ses nouvelles chaussures de sport. Comme chaque jour, je déclinais gentiment son invitation. Puis il me fallut une nouvelle fois assister au tissage à la main d'un tapis par une très jeune ouvrière. J'étais toujours impressionné par la dextérité de celle ci et admiratif pour la patience qu'elle déployait. Je la remerciai d'un sourire et continuai jusqu'à l'avenue Bourguiba. J'achetai le "monde" pour 1€ et m'installais à la terrasse du café Ahmed.
- Comme d'habite, s'enquit le serveur ? J'étais déjà un client connu.
- Oui, merci Ahmed.
J'aimais ces instants passés à la terrasse d'un des très nombreux cafés de la ville. J'observais avec avidité cette vie grouillante et animée qui défilait devant moi. Ahmed, déposa une tasse de thé au lait et un grand verre d'eau.
Autour des autres tables, de vieux tunisiens avec sur la tête le Fès classique, tiraient paisiblement sur leur pipe à eau. A côté, le vendeur de cigarettes déballait les cigarettes qu'on lui achetait au détail.
Une jeunesse nombreuse déambulait désœuvrée par groupe de deux garçons ou de deux filles. J'étais surpris de leur modération, de leur discrétion, en un mot, de leur retenue. Un contre exemple de ce que l'on rencontre dans les pays européens.
L'appel à la prière du minaret me rappela l'heure. Je repris la rue Berka jusqu'à mon poissonnier habituel.
- Y du bon poisson ce matin Monsieur, m'informa jovial mon vendeur.
J'examinais contentieusement son étal. J'étais chaque fois déçu d'y voir toujours le même type de petite friture. On m'avait déjà expliqué que les pécheurs de Tabarka ne s'éloignaient pas trop. Et il est vrai que je les voyais jeter leurs filets non loin de la plage ou au débouché de la rivière qui traverse la ville.
Je n'achetai rien et choisis de rentrer dans la boutique du boucher chez lequel j'étais client depuis deux semaines. Le choix était aussi limité: Mouton ou bœuf. Je portai mon choix sur un solide gigot de mouton que je voyais déjà rôtir sur le barbecue. Je réglais les 2,30€. Je flânais encore jusqu'au jardin ou une classe de jeunes enfants faisait de la gymnastique sous la direction de leur vieux professeur. Je souris en les regardant agiter leur petits bras en cadence. Passant devant le restaurant de Taber, je ne résistais pas à l'odeur de la viande qui grillait sur un barbecue à l'extérieur. J'écris restaurant, car je n'ose pas employer le terme de gargote, de bouge, de réduit, tant l'état des lieux pourrait en indisposer plus d'un d'entre vous. Il est vrai et bien connu parmi les anciens équipiers de Camerone, que la recherche de gargotes bien "hard" est une spécialité du bord. Nous en avons trouvé en Sicile, mais à ce niveau, d'insalubrité, d'infection, de puanteur, d'altération, de putréfaction, de pestilence, de pourrissement, même celui que j'avais connu à Djibouti et qui utilisait du papier de journal en guise d'assiettes aurait l'agrément de la commission hygiène et sécurité.
Je pénétrai dans le minuscule local ouvert à tous vent en écartant deux chats qui se disputaient les tripes de poissons jonchant le sol poussiéreux et gras. Je m'asseyais derrière une des deux tables du lieu. Je n'osais pas poser mes coudes sur la toile cirée de la table où trainaient les débris des repas précédents.
Je commandai une grillade variée. J'étais assis à moins de deux mètres des toilettes ouvertes et devant le comptoir servant aussi de cuisine. Une clientèle nombreuse se bousculait en s'interpellant entre les deux tables. Je me fis le plus petit possible. Bientôt ma petite table fut complétée par trois autres clients. Ce devait être des habitués car ils furent servis rapidement. Je ne pus identifier ce qui baignait dans une sauce très rouge. Je les regardais engloutir avec les doigts, accompagné d'un nombre impressionnant de morceaux de pain leur plat. Je compris pourquoi il était inutile de nettoyer la nappe, car il finissait par avoir plus sur la nappe que dans leur assiette, et raclaient avec un morceau de pain autant le fond de l'assiette que la nappe. Comme seul européen, on me mis des couverts. Je n'osais me servir de la bouteille d'eau et du verre devant moi. Taber déposa une assiette garnie de morceaux de viande dans lesquels je reconnus du mouton. Ainsi que des frites bien noires et graisseuses. On sentait que l'huile dans laquelle elles avaient baigné avait un nombre important de fritures à son actif.
Sans regarder la poubelle ouverte devant moi, survolée par des escadrilles de mouches, ou s'entassait les déchets de viande ou de poisson, le frigo ouvert qui laissait apparaitre de la viande sanguinolente et les clients ou non clients qui utilisaient les WC comme bien public, j'absorbais mon plat avec appétence et catharsis.
Je m'essuyais les mains avec la feuille de papier d'emballage que je trouvais sur le comptoir et posais 2,50€ avant de quitter satisfait l'endroit, qui ne sera certainement pas répertorié par le guide du routard.
Je repris le chemin du port. Sur le quai, devant le voilier, je retrouvais Bylen. C'est un jeune tunisien de vingt ans, qui régulièrement vient me dire bonjour. Il s'exprime bien en français, et au travers de ces contacts, j'en apprends un peu plus sur la vie de la société tunisienne.
- Bonjour Marcus. Tu vas bien.
- Salut Bylen. Oui, on est heureux. Tu veux prendre un café.
Je savais que si je le faisais monter à bord j'en aurais pour la fin de l'après midi. Et de nouveau, il me demanderait de l'emmener en Italie ou en France. "car ici il n'y a pas de travail".
Et je finirais par lui donner quelques dinars pour "manger" comme il disait. Mais il n'y avait pas d'hypocrisie dans nos contacts.
Avec la fin de la journée, pendant qu'avec mes petits doigts boudinés d'européen satisfait et suffisant, je tape ces lignes sur le clavier de mon micro équipé de windaube, les badauds se font plus nombreux à défiler sur le quai devant Camerone. Certains se font photographier devant le bateau. Je souris en pensant aux arrêts que je fis sur un ponton dans une marina luxueuse d'Athènes devant ces supers yachts bardés d'antennes et de radomes, de ponts rutilants de chromes ou s'activaient des marins sri-lankais en veste blanche.
Marcus.
Tabarka, Tunisie le 02 mai 2008.
MISE EN GARDE : La lecture du texte ci dessous pourrait choquer certains de nos internautes, je vous prie donc de m'excuser en préalable. Et ce qui pourrait apparaitre comme excessif serait donc considéré comme.....insignifiant.
Comme le chantait Florent Pagny: "C'est ma liberté" de penser" C'est également ma liberté de l'écrire. Et il est vrai que mes "humeurs" ne font pas dans la nuance et je reconnais des propos hyperboliques.
18/04/2008 Nul n'est prophète en son domaines Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain
Comment en suis-je donc arrivé là ?
Comment pétri de certitudes, de convictions, ai-je pu commettre une telle erreur de « casting » ?
Comment à l’aune d’une telle expérience, d’une bonne pratique, mais certainement aussi d’une prétention excessive me suis ainsi fourvoyé ?
Ne suis-je donc arrivé là que pour subir un tel échec, un cuisant revers, une si forte désillusion, un pareil fiasco, une semblable impéritie ?
Me voici donc meurtri, blessé, mortifié, amer, au bout de ma longanimité.
Que c’est t-il donc passé pour qu’un projet aussi attrayant et passionnant puisse être frappé d’une telle déconvenue ?
« N’ayant pas ce qu’il voulait, il a fait semblant de vouloir ce qu’il pouvait »
Montaigne me pardonnera cette allégorie mais elle illustre fort justement comme litote la cause de mon échec.
Et je ne puis que seul me blâmer et m’attribuer ce revers.
Bien entendu j’entends en exciper les causes ne serait-ce que par respect à l’égard de ceux que j’ai embarqués dans cette débâcle.
Et pourtant j’étais conscient au moment de la recherche de nouveaux équipiers pour ce voyage en méditerranée que la tâche serait malaisée.
Lors des rencontres avec les prétendants, en filigrane apparaissaient constamment le sourire malicieux de Tito ou le regard taquin de Jon et ils semblaient me dire :
- Marcus, tu ne trouveras jamais meilleurs équipiers.
Donc, j’allais « à la pêche aux équipiers » en reculant. Et je rejetais nombre de candidatures toutes valables.
A cette attitude s’ajoutait le fait que je ne voulais plus avoir à bord un « spécialiste du penon » Et donc le champ d’investigation se restreignait et j’atteignais avec de telles contraintes que je me fixais, la quadrature du cercle.
Avec cette palinodie, je quittais le ponton avec mes deux équipiers sans conviction. Et passées les côtes de France, je sus que ce voyage n’irait pas à son terme, ou du moins selon son trajet initial.
Et il en fut ainsi.
Bien entendu ces propos sous-tendent des questions :- Pourquoi donc ai-je embarqué ces équipiers ?
Des raisons de cœur, qui m’avaient convaincu que ce voyage leur apporterait ce dont ils recherchaient.
- Mais alors que leur reprochais-je ?Rien !
Sinon leur insignifiance, leur désintérêt et leur indifférence pour tout, y compris pour la chose de la voile. J’eus rapidement le sentiment d’avoir à mon bord des « passagers » et non des équipiers motivés. Et qu’inopérants en mer et inexistants à terre, j’en déduisais qu’ils s’étaient comme moi fourvoyés sur la réalité de leur motivation. Aucun échange ou dialogue ne fut possible. Les repas au carré s’apparentaient à ceux pris en silence dans un monastère. L’un deux se cantonnait dans un mutisme exacerbant.
Aucune des convivialités qui jalonnent et qualifient la cohésion d’un équipage ne fut possible. Donc exit « l’apéro » du soir et les sorties cohésion.
Je décidais donc de les « libérer » en Tunisie.
Antoine, s’en retourna rapidement sans un regard sur cette terre africaine, sa guitare à la main, vivre son «silence » auprès de ses parents.
Et puis, c’est là que je ne regrettais pas de n’avoir pas « jeté le bébé avec l’eau du bain ».
Le jeune Alex, comme délivré de sa chape par le départ de l’autre équipier avait lequel il n’avait pu aussi communiquer comme il me l’expliquait longuement, se montra sous une nouvelle apparence ; enthousiaste, enjoué, dynamique, actif, entreprenant. J’assistais à la transformation radicale d’un équipier effacé, falot, timoré en un compagnon de voyage agréable, sympathique, plaisant. Certes, conscient de ses déficiences, mais tellement désireux d’apprendre. J’en étais ébaudi. Et d’un état dérélictionnaire, (excusez-moi pour ce néologisme du mot déréliction) où je prévoyais un retour rapide seul vers les côtes de France, je passai à un enthousiasme bon teint où la suite du voyage s’esquissait.
La suite appartiendra aux journaux du bord.
Marcus.
Tabarka, Tunisie le 18 avril 2008.
08/04/2008 Les droits de l'homme et de son portefeuille s Etre cohérent ?
L'éloignement des côtes de France n'empêche pas le tumulte, consécutif aux prochains jeux olympique en Chine de parvenir jusque dans le carré du voilier au milieu de la mer méditerranée.
Que l'on condamne l'aliénation d'un pays et l'asservissement d'un peuple est somme toute estimable pour toute personne éprise des droits de l'homme.
Mais dans ce cas, alors, messieurs les perturbateurs du passage de la flamme, soyez cohérents dans votre attitude et allez jusqu'au bout de votre logique boycottasse, et videz vos poches, défaites-vous de vos effets, sortez de vos placards, de votre cuisine, de votre salon tout ces produits, objets, choses, bidules, trucs, ustensiles, outils et appareillages, estampillés "Mode in China" ou "RPC" (République Populaire de Chine) que vous récupérez sur une "tête de gondole" en poussant un caddie dans votre hyper favoris.
Pensez vous un seul instant que vos gesticulations, pantomimes et rodomontades, puissent inquiéter les milliards de chinois qui ne savent pas pour la plupart qui sont les français et que la petite tache sur leur livre de géographie, n'est pas une défécation de mouche, mais la terre de France.
Par contre, au lieu d'obstruer le passage du symbole olympique sur notre territoire, aller dans les ports, les aéroports et avec la même fougue, le même déterminisme empêchez, entravez le débarquement de ces containeurs de marchandises qui inondent nos magasins.
Peut être alors aurez vous une influence sur le comportement des dirigeants de ce pays si vous perturbez leur expansionnisme économique.
Porte-containeur, en direction des côtes de France, croisé par le voilier Camerone
Marcus.
Ile de la Sardaigne avril 2008
01/04/2008 Les temps changent s C'est toujours la fin d'une époque.
On constate inéluctablement une modification du climat à la surface de la planète. Et les modèles météorologiques ne peuvent plus être fiables pour les navigateurs.
Les habitudes des plaisanciers en seront ainsi changées.
Mais il n'y a pas que le temps qui change. Les temps aussi évoluent.
Voilà déjà plusieurs années que je longe les côtes rocheuses des îles Baléares pour poser mon ancre dans des échancrures et des anfractuosités ou la limpidité des eaux pousse notre regard à plusieurs mètres de profondeur. Où à l'ombre de la courte végétation et sur de minuscules plages de sable nous vivons un instant inoubliable de bonheur et de sérénité.
Mais d'une année sur l'autre, ces petites criques naturelles sont envahies et défigurées par de nouvelles constructions. Les côtes sauvages sont gagnées par le béton et l'habitat touristique. Tout semble être fait pour une massification touristique. Et que le charme naturel de l'environnement soit remodelé et destiné à s'adapter à cette clientèle.
Toutes les activités sont tournées vers l'accueil de ce cher tourisme aux bourses bien remplies
Le charmant petit port de Pollensa où nous fîmes escale l'an dernier, est l'exemple même du mercantilisme exacerbé.
Celui ci est en cours de transformation à coup de pelleteuse et de béton. De nouveaux pontons ont été gagnés sur la baie. Des barrières ont été dressées pour en limiter l'accès. Là où l'on nous demandait l'année dernière 14€ pour nous amarrer, nous déboursâmes aujourd'hui 47 € pour la même prestation. Et au comble de l'âpreté, nous rajoutâmes 2€ pour louer un raccord adéquat pour notre tuyaux d'eau.
Le long des quais, de nombreux restaurants proposent des menus affichés en trois langues. Espagnol, Anglais et Allemand. Ce qui est somme toute logique dès lors où leur clientèle est composée pour majorité de couples de retraités d'origines d'Europe du nord.
C'est aussi pour cela que les agences immobilières sont aussi nombreuses. Mais en dehors de l'hypermarché, je n'ai pas trouvé une seule boucherie !
Il est aussi certain que les magasins d'alimentation ne proposent que les produits adaptés à leurs chalands.
C'est pourquoi nous mangerons du pain sans sel à bord.
Peut être à la lecture de cette humeur me trouverez vous pessimiste et peut être même aigri ?
Je tiens toutefois une attitude irénique et non pas apodictique. Mais peut être faut-il convenir que nous sommes entrés dans une nouvelle société de gérontocratie. Et qu'il n'y a plus que deux catégories de population. Une travaillant au service et aux loisirs de l'autre.
Marcus
Ile de Majorque avril 2008
13/03/2008 Le plus dur , c'est de faire le premier pas s Il débarqua aussi vite qu'il embarqua
Comme l'écrivait notre grand poète Arthur Rimbaud : "On n'est pas sérieux quand on a 18 ans"
Et je l'indique sur ce site, beaucoup en rêve, mais peu se décide à faire le pas qui leur permettra d'aller au-delà de leur phantasme et de faire de leur rêve une réalité.
Notre équipier Harmoniel n'aura pas été plus loin que le bout du ponton ou est amarré Camerone. Et malgré la présence rassurante de son téléphone portable qui ne cessait de l'accaparer durant les quelques heures qu'il passa à bord, bien vite sa famille sécurisante et de son environnement prégnant lui manquèrent. Se retrouver ainsi dans un espace confiné avec la seule présence d'un skipper qu'il jugea peut être peu amène lui apparu soudainement insoutenable, insupportable, et il ne pouvait plus envisager de quitter son milieu tellement rassurant.
Grand fut son étonnement quand il annonça sa décision au skipper de ne pas poursuivre cette expérience malencontreuse, de ne voir aucun étonnement sur le visage de ce dernier et qu'il ne manifestât aucune surprise. Comme s'il s'attendait à cette décision.
Le lendemain matin, Harmoniel et son bagage reprit le train pour rejoindre très vite la chaleur de sa famille.
Conclusion : On ne peut faire le bien malgré lui. Et tendre la main pour permettre à celui s'enfonce de s'en sortir et de repartir d'un pas assuré souvent inutile.
01/03/2008 Retour vers le futur s Et bientôt ils retrouveront les éléments Depuis quelques jours le thermomètre du bord ne descend plus en journée en dessous de 17°. Est ce les prémices du printemps ou les signes avérés d'un changement climatique ?
En tout cas, les préparatifs du départ prochain s'achèvent. Les modifications et les améliorations ont été faites. Bientôt, avec l'arrivée du premier équipier, il faudra commencer à remplir les coffres avec les caddies poussés chez les hard discounters locaux.
Depuis que j'ai quitté le fil de ces humeurs, des changements sont intervenus.
Nous sommes en 2008. En dehors de ce truisme, le circuit a aussi évolué.
- Exit les côtes brésiliennes. A cela deux raisons:
La première tient au fait, que je n'ai pas réussi à me motiver pour trouver un intérêt à aller là bas. En effet, j'ai navigué sur le web à la recherche d'informations et d'avis sur les escales au Brésil, et je n'ai pas été convaincu que cela valait le "coup" . Quand de plus, il faut longer sur plus de 2000 milles des côtes inhospitalières (Surinam, Guyana, Guyane) avant de rejoindre Tobago et le Venezuela.
Je fais ici une parenthèse pour ceux que le fait de placer les côtes guyanaise comme hostiles choquerait.
Il n'y a aucun port un tant sois peu sympa. Le port de commerce de Cayenne est excentré et les structures pour la plaisance inexistantes. Quant de plus une vigilance sécuritaire de tous les instants est indispensable. Pour l'avitaillement, c'est trois fois plus cher qu'ailleurs y compris que la Martinique ou la Guadeloupe. Les Pontons de Kourou installés pour les "savants" du CNES, ne sont pas plus intéressants pour des voyageurs, à moins bien entendu que ceux ci désirent visiter en pirogue l'intérieur du pays.
La deuxième raison pour ne pas garder initialement ce parcours, tient à la composition de l'équipage.
Par rapport aux voyages précédents, les équipiers n'ont aucune expérience nautique hormis pour l'un qui a fait un stage d'initiation au Glénan.
Donc, en tant que personne responsable, j'ai estimé plus judicieux de ne pas se lancer dans un grand tour avec un équipage néophyte.
Donc, nous n'irons pas au Brésil.
Mais l'atlantique n'est pas pour autant abandonné.
Mais le voyage débutera d'abord par un nouveau tour de la méditerranée. On pourrait supposer que retourner dans la "grande bleue" aurait un aspect de déjà vu et répétitif, au moins pour le skipper. Il n'en est rien. Pour exemple, les îles grecques magnifiques et accueillantes sont au nombre de 9000. Et nous n'en avons visitées qu'une dizaine ! Et nous n'avons la fois dernière qu'entrevu la Turquie.
Comme la dernière fois nous privilégierons l'usage de la voile au détriment du moteur. Et multiplierons les mouillages "forain" que notre nouvelle autonomie énergétique nous permettra.
Et puis, à l'issue de ce tour, si le Skipper et le voilier sont "en forme", cap sur Gibraltar et l'océan pour une traversée.Or donc, nous voici à quelques semaines du départ. (A partir du 17 mars selon météo)
Le voilier est prêt. Le problème de l'autonomie électrique pourrait être enfin résolu avec l'adjonction d'un nouveau modèle d'éolienne qui pourra compenser la consommation journalière du voilier sous voile.
Le reste des améliorations sont à classer dans la rubrique "gadgets", en dehors du système de communication satellitaire Iridium.
Et l'équipage ?
En effet, je vous avais laissé en novembre 2007 sur mon interrogations et mes doutes quant à trouver le nouvel équipage.
Il est vrai qu'il m'a semblé cette fois plus difficile de trouver les équipiers "idéaux" Mais il est aussi certain que le précédent équipage avait placé la "barre très haute". J'ai reçu, et je reçois encore de nombreuses demandes d'embarquement. Comme d'habitude, la plupart des demandes ne subsistèrent que l'espace d'un mail. Je rencontrais ceux ou celles que mes réponses dissuasives ne rebutèrent pas. Je voudrais là aussi marquer une parenthèse pour préciser à ceux que cela intéressent, comment j'arrête mon choix lors de cette unique rencontre. Et de dire que celui ci est totalement subjectif et dénué de tous caractères objectifs, techniques. Pour mes équipiers, il en est comme du bateau ou la maison que j'achète. C'est dans les premières secondes que je sais si c'est celui que je recherche.
Il est difficile d'expliquer pourquoi j'ai choisi celui ci au détriment de celui là ? On peut appeler le "coup de foudre" ou le "feeling".
J'ai cette fois, dû tenter d'expliquer à plusieurs candidats, que j'avais en face moi, et dont je lisais la déception dans le regard pour quelles raisons je ne les embarquerais pas. Ce ne fut pas facile, car souvent je n'avais aucune raison majeure pour réfuter ceux ci. Surtout que certains avait toutes les qualités et l'expérience pour ce type de voyage.
Mais devant le visage de mon interlocuteur se substituait l'image de Tito, de Jon, et implicitement je cherchais au travers de ces prétendants a retrouver mon précédent équipage.
Pourtant j'ai rassemblé de nouveau un équipage dont je pense qu'il me donnera autant de satisfaction que les précédents. Et comme l'indique l'un d'entre eux, il sera " juste différent".
Pour suivre notre aventure et entre autre la découverte des nouveaux équipiers, lire notre journal du bord de mars 2008
12/11/2007 Un nouveau départ s Pour réussir un long voyage, on doit s'appuyer sur le triptyque suivant : Un bateau rassurant, un équipage solidaire, un parcours préparé. Repartir tel est mon objectif. Non que des raisons impérieuses me contraignent à m'éloigner des côtes de France. Mais simplement j'ai besoin après quelques mois au port de sentir de nouveau les embruns de l'océan me fouetter le visage, de pousser mon voiler sur les vagues, et de voir ses voiles claquer dans le vent.
C'est donc à cet effet, que je suis engagé dans la préparation de ce nouveau voyage. Mais projeté de partir en voilier durant 16 mois demande de bien réfléchir et de bien appréhender toutes les conséquences et ses implications. Je ne détaillerai pas ici tous les obstacles que dresse devant mon projet le système, et les efforts que je dois faire pour m'abstraire de la société. Je ne vais pas faire un inventaire à la Prévert, mais pour exemple : Il me faut impérativement conserver une adresse en France, pour mon organisme de retraite. Pour payer mes impôts, il n'est pas nécessaire d'avoir une adresse physique. Une adresse postale est suffisante (BP). Par contre pour pouvoir toucher sa retraite vous devez justifier d'une adresse physique ! Comprendra qui pourra.
Quant à annuler les différents prélèvements sur mon compte bancaire, c'est la quadrature du cercle. Il est vrai que l'on a plus le choix et tous les différents prestataires ou fournisseurs se "servent" sur notre compte: Téléphone, internet, télévision, Assurances, Edf, etc.
Mais ces obstacles n'obèreront pas mon départ. Par contre, et c'est là le cœur de mon propos, il s'agit compte tenu de la durée de ce voyage, que je sois particulièrement rigoureux dans la préparation du voilier, dans l'élaboration des escales et du parcours et surtout dans le choix des équipiers. Je ne pourrais accepter de partir dès lors où l'un des composants de ce triptyque fut incertain ou hasardeux.
Ou en suis-je dans la préparation dans ces trois composants ?
4 Le voilier :
Sa préparation doit être particulièrement minutieuse, car le soutien que l'on trouve le long des côtes brésilienne est limité sinon inexistant. Les points clefs auxquels je vais m'attacher sont les suivants:
- Faire renforcer la chute de la voile. Cette dernière, hauturière et lattée est en bonne état, mais les fessayements incontrôlables fragilisent les bords de chute en étirant la toile. Et généralement c'est à cet endroit que se produisent les déchirures.
- Augmenter l'autonomie électrique : Le mode de propulsion d'un voilier est ...la voile. Ceci est un truisme, mais il me semble évident de le rappeler, car en mer méditerranée l'on rencontre plus de voiliers "au moteur" qu'avec leurs voiles.
Sous voiles, un voilier a besoin d'autant d'ampères qu'au moteur. Il faut alimenter : Le pilote automatique, le frigo, les appareils de navigation etc...
Les batteries ont donc besoin d'être rechargées, dès lors où nous ne pouvons les décharger qu'à 30% de leur capacité. C'est à dire ne pas tomber sous une tension inférieure à 11,8 volt.
Pour recharger ces batteries, en dehors de l'alternateur moteur et le chargeur au quai, on peut avoir : Des panneaux solaires, des éoliennes, un groupe électrogène, un alternateur d'arbre, pour les principaux moyens.
Analysons mes besoins compte tenu du type de voyage que nous allons faire : De longues navigations sous pilote automatique, gros consommateur. Privilégier les mouillages aux marinas.
En fonction de ces besoins j'ai choisi :
-> Un alternateur d'arbre : Il faut bien entendu laisser l'arbre d'hélice libre. Celui ci débite à partir d'une vitesse de 5 nœuds 8 ampères pour aller jusqu'à 40 ampères
-> Un panneau solaire de 135W. Dans une région ensoleillée, il produit 45 ampères/jour.
4 L'équipage :
Comme à chaque voyage, je dois mener une attention essentielle dans le choix des équipiers. Lors des précédents voyages, j'ai eu l'honneur et la satisfaction d'avoir des équipages idéaux avec lesquels je repartirai demain.
Et donc, mon but est de former de nouveau un équipage modèle. Quand de plus il faut bien voir que ce nouveau voyage dure sur plusieurs mois. Je n'ai pas d'exemple d'équipage hétérogène qui ait subsisté sur une telle durée ! Il s'agit d'un challenge que je veux réussir.
La question est donc :Vais-je trouver ces équipiers ? (à lire)
Bien entendu la même question récurrente revient dans les échanges : Qui a un budget pour la caisse de bord sans compter les frais personnels pour ce voyage
Peu d'équipiers. Mais, même si un petit pécule est nécessaire pour ses besoins personnel, je n'en fais pas une condition indispensable pour embarquer. En effet, je privilégie avant tout la motivation, l'enthousiasme, et l'envie de s'intégrer à l'équipage et de faire partie d'une équipe soudée et solidaire.
Comme disait une candidate à la dernière élection présidentielle, il s'agit de: "Gagnant, gagnant". C'est à dire que j'ai besoin pour mon voyage d'équipiers. Et que lui (l'équipier) a besoin de moi pour vivre son rêve ou assouvir sa passion. Donc il trouvera à bord, quelle que soit la grosseur de sa "bourse" le "gite et le couvert".
Certains peuvent appeler ca "le bateau du cœur" .
4 Le parcours :
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07/04/2007 Paradoxalité et préjugés. s Le regard de l'autre. L'occasion valait bien que je commençasse cette humeur par un néologisme. En effet, en lisant le poème de l'équiper Tito (humour) certains pourraient s'étonner que des personnalités aussi dissemblables ou même antinomiques qu'un ancien militaire du corps de La Légion Etrangère, un jeune militant antimilitariste, un adepte de la philosophie rasta et un compagnon charpentier puissent cohabiter en parfaite harmonie dans l'espace très réduit que constitue un voilier.et sans qu'aucun n'ait renoncé à ses convictions.
Il ne s'agit pas à ce stade d'inférer, mais seulement de mettre en évidence que des différences n'engendrent pas automatiquement des antinomies, des renoncements ou des compromissions. Chacun réagit à l'aune de son âge et selon son éducation et son atavisme.
Bien entendu, je n'ai pas non plus la prétention de croire que ce microcosme est un reflet de notre société et que tous les clivages pourraient disparaitre ou s'estomper. Mais il apparait qu'avec un peu de bon sens et du respect de l'autre tout pourrait être plus simple.
Je reconnais avoir beaucoup de préjugés et des prénotions sur les marginalités ou les différenciations, mais je crois qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. Je considère aussi que l'humilité est une vertu et savoir reconnaitre les valeurs intrinsèques de l'homme au delà de sa différence est primordial avant de porter un jugement péremptoire et rédhibitoire. Je suis satisfait d'avoir fait fi de mes préjugés et d'avoir accueilli à bord mes équipiers actuels et sans partager leur philosophie existentielle, c'est avec un respect marqué que je ferai en sorte de préserver leur diversité.
01/12/2006 Des escales en méditerranée. (L'équipage-Le bateau- Les escales) s Les escales Durant plus de quatre mois qu'a duré notre périple en méditerranée, nous avons visité différents pays, effectué un grand nombres d'escales et mouillé à beaucoup d'endroits. Je n'ai pas l'intention au travers de ces quelques lignes de procéder à un récapitulatif à la Prévert ou de me substituer à un guide nautique plus exhaustif que je ne pourrais l'être. Mon objectif est de vous indiquez ce que nous avons apprécié ou alors pas aimé au cours de nos escales.
Bien entendu cette appréciation ou cette détestation n'est qu'un avis à l'aune de notre expérience et je comprendrais que nombre de nos lecteurs fussent d'un avis contraire
Pour simplifier la lecture et être concis; j'inscris en BLEU ce que nous avons apprécié ou en ROUGE ce que nous n'avons pas apprécié, avec ou pas quelques indications complémentaires.
Concernant les côtes de France :
- Ile de Porquerolles : Baie d'Alicastre : Déjà un petit air sauvage
- Corse : Les marinas sont trop chères : Le célèbre et soi disant plus beau mouillage qu'est Girolata est trop occupé et dorénavant assujetti au paiement de l'ancrage sur une bouée. Mais cela n'enlève rien à la beauté environnementale du lieu.
- Sardaigne :Depuis l'arrivée aux commandes de la région du patron de Tiscali Les marinas ont des prix dissuasifs: 72 € dans le sud de l'ile.
Côte est Quelques belle escales :....A suivre sur la page : Escales et mouillages
POUR REPONDRE AUX PLAISANCIERS QUI NOUS L'ONT DEMANDES, NOUS PUBLIONS UN DESCRIPTIF DE NOS ESCALES DANS DES PORTS OU DES MOUILLAGES : DETAILS
01/102006 Un premier bilan après quatre mois en mer. (L'équipage-Le bateau- Les escales) s L'équipage
Combien avons-nous parcouru de milles durant ces quatre mois et demi sur la mer méditerranée ? J'avoue n'avoir pas encore fait le calcul ? Mais cela n'est pas l'essentiel. Ce qui est important pour tous ceux que ce type de voyage intéressent c'est la façon dont s'est comporté l'équipage et quelle a été l'ambiance à bord, car la question récurrente que l'on trouve sur les forums de voile, c'est comment trouver des équipiers pour un voyage ou une transat qui s'intègrent bien et ne posent pas de problèmes particuliers de cohabitation.
Les trois équipiers du voilier Camerone pour ce voyage ont répondu à une annonce publiée sur les sites internet spécialisés. Je ne développerai pas ici la façon dont j'ai opéré mon choix parmi les nombreuses réponses reçues. En effet, sous la rubrique "Équipage", je précise la manière dont j'effectue la sélection de mes futurs coéquipiers.
La cohésion de l'équipage s'est immédiatement accomplie. Chacun a imposé sa personnalité et son caractère. Et l'ambiance sur le voilier a toujours été conviviale et emprunte de chaleur. Au cours de cette promiscuité permanente jamais une parole déplacée n'a été prononcée et même si chacun savait exprimer sa différence, les relations entre les membres de l'équipage ont toujours été empruntes d'un grand respect et d'une réelle amitié. Je crois que contrairement à ce que l'on pourrait supposer, l'hétérogénéité de l'équipage est un plus et concourt à la complémentarité de celui-ci.
Je rappelle qui étaient mes équipiers et précise leur motivation pour effectuer ce voyage à la voile de plus de quatre mois.
- Léo : Jeune étudiant en école d'ingénieur qui veut profiter de l'opportunité que lui offre son école pour s'adonner à sa passion de la voile.
- 2J : Depuis quelques temps il rêvait de partir à la découverte de nouveaux paysages. Son objectif était de parcourir la planète, et la façon d'y parvenir étant secondaire. Fut-elle à pied, à bicyclette comme il l'avait envisagé un moment. Le choix de répondre à mon annonce ne fut qu'une opportunité. La voile étant un moyen qu'il jugea plus adapté pour son projet.
- ArnO : Ingénieur en ingénierie en Angleterre, son but était de prendre un peu de distance avec son métier et d'effectuer un long voyage à la voile; discipline qu'il pratique en régate.
C'est à partir de ces éléments et de ces attentes que s'effectua ce voyage. Très rapidement, je laissais Léo prendre les manœuvres du voilier en charge, me réservant pour ce qui est de la seule prérogative de skipper responsable, c'est à dire la décision finale concernant toutes manœuvres en rapport avec la sécurité de l'équipage et du voilier. ("Un véritable chef se réserve pour ce qu'il est seul à pouvoir faire")
2J, comme je le souhaitais, proposa les itinéraires, les escales et les sites à visiter, ainsi que les spots de plongées à explorer .
Pour ArnO, ce fut difficile de savoir si ce qu'il trouva à bord de Camerone fut ce dont il recherchait. En effet, le caractère linéaire de celui-ci fit qu'il exprima rarement un souhait ou une attente. Arno fit montre d'une grande discrétion qui me désappointa à différentes reprises, j'aurais préféré qu'il exprimât une opinion plus tranchée.
Bien entendu, il fallut que j'intervienne dès le début du voyage pour qu'un certain nombre de prescriptions fussent respectées à bord du voilier, comme le rangement et la propreté.
Je suis donc très satisfait de mes compagnons de voyage et c'est avec un grand plaisir que je les retrouverais pour d'autres aventures à bord de Camerone.
Il faut néanmoins que je précise un point que je juge moins favorable, c'est le fait d'avoir accepté que les "petites amies" viennent passer quelques semaines pour l'une ou un mois pour l'autre à bord du bateau.
Non que celles-ci aient perturbé la marche du voilier. Mais dès lors où se forme au sein de l'équipage un couple, inévitablement se créé une différenciation entre les membres de l'équipage et par là même un découplage qui nuit à la cohésion et peut induire une forme de frustration pour un équipier.
En conclusion:
Encore une fois j'ai eu l'opportunité d'avoir des équipiers de grande qualité qui ont permis que ce voyage en méditerranée se fasse dans de très bonnes conditions et dans une excellente ambiance.
Pour arriver à ce résultat, il faut impliquer les équipiers dans toutes étapes du voyage à la voile, et le respect et la confiance doivent prévaloir dans les relations entre chacun des membres de l'équipage.
10/02/2006 Quel bateau et quelle préparation ! Voilà bien une question récurrente. Quel bateau, pour quel voyage et quelle préparation ?
Lorsque je décidais voilà quelques années de partir voguer sur les flots et alors que mon expérience se résumait à quelques stages, plusieurs convoyages, et quelques embarquements hauturiers comme équipier, je me mis en quête de recueillir des informations pour déterminer le type de périple que je voulais parcourir et son corollaire, le type de bateau qu'il me fallait.
Ayant choisis de suivre les alizés, c'est à dire une route traditionnelle et ne présentant tant pas le risque de dangers particuliers, il ne me restait plus qu'à choisir mon voilier.
Voilà bien le premier écueil auquel je me confrontais. En effet, m'enquérant sur les forums de voile, j'eus bien entendu droit à tous les avis, sachant que chacun ayant comme il se doit le bateau idéal. J'entrepris donc à l'aune de mes connaissances, de mes possibilités techniques à intervenir sur le voilier et du temps que je désirais consacrer à la préparation du bateau à dresser un tableau de mon voilier "idéal".
Ce serait donc un 44 pieds. En effet, pour une longue navigation l'on est content d'avoir un bateau qui ne se couche pas au moindre clapot et qui offre un confort intérieur appréciable. Alu, Acier, Plastique? Dans un premier choix j'ai éliminer l'alu; pas les moyens de me payer un 44 pieds dans ce métal. L'acier ! Je n'avais pas à priori l'envie de me colleter avec les quarantièmes rugissantes, ni de jouer avec les "patates" des atolls polynésiens. Quand de plus ayant navigué de concert avec des voiliers en acier, je constatais qu'il leur fallait un bon vent pour avancer sans l'aide du moteur. En effet, il est facile d'imager la poussée vélique qu'il faut dans les voiles d'une coque acier pour déplacer les 25 tonnes d'un 13m. N'ayant pas retenu le bois, il ne restait que le plus répandu, le plastique. Un dernier point me restait à définir. Ketch ou sloop ? Ayant maintenant l'expérience de ces deux types de gréements, je dirais que je choisirais le ketch pour la sécurité qu'il procure dans le gros temps. Mais j'ai choisis maintenant le sloop pour une meilleure ergonomie du pont et une vitesse plus élevée.
Tout ces choix effectués, ne reste plus qu'à trouver "l'oiseau rare". Pour cela, nous avons les Brokers via leur bureau, les journaux spécialisés ou leur site Internet; les annonces de particuliers, et enfin parcourir les pontons à la recherche du bateau de nos rêves. J'ai acquis successivement quatre voiliers. Par l'intermédiaire d'un broker et d'un particulier.
Il en est des brokers comme des marchants de biens immobiliers, à la différence toute fois, qu'il faut une licence pour ouvrir une agence immobilière, alors que n'importe qui peut se désigner vendeur de bateau. Et donc, si vous n'arriver pas chez votre vendeur avec une idée bien précise, il vous orientera vers ce qu'il a plus cher.
D'une façon générale, il faut savoir que : Le broker ne connaît pas le voilier qu'il vous propose. La particulier qui vend en direct aura toujours un voilier impeccable et le vendra "à regret".
Alors comment procéder pour ne pas se faire "avoir"
Car il faut aussi savoir que pour faire une expertise, il vous faut préalablement signer un compromis de vente et qui a en regard du droit commercial valeur d'acte de vente. Et par la suite n'imaginer pas faire jouer "le vice caché" pour faire annuler la vente. Car les tribunaux sont encombrés et vous risquez d'attendre plusieurs années avant que ce dernier statut. Et si vous consultez les jurisprudences dans les greffes des tribunaux, vous constaterez que vous aurez peu de chance de parvenir à vos fins.
Donc il faut se prémunir des mauvaises surprises d'après vente. Si vous êtes novice, il est hasardeux de s'aventurer à acheter seul un bateau.
Me concernant, j'ai eu cependant de mauvaises surprises dans l'achat de mes deux premiers bateaux. Le premier, sur un Euros 41 j'ai découvert sur sa carène après l'avoir poncé, que celui ci avait été accidenté et que la réparation n'avait pas été correctement effectuée. J'ai donc demandé au broker d'annuler la vente en vertu de la clause "vice caché empêchant l'utilisation du bien acheté". Celui ci n'a fait aucune difficulté, sachant que je prenais à ma charge une partie de la remise en état du voilier. Quand de plus un broker n'aimerait pas une mauvaise publicité.
Ma deuxième expérience fut avec un Sun magic. L'expertise révélait que ce bateau présentait des déformations et des délaminations consécutives à un chavirage dans une rivière africaine.
Mais là il n'était pas possible de faire jouer le vice caché. Cependant, j'avais pris la précautions d'introduire dans le compromis de vente une clause résolutoire qui indiquait que la vente ne serait pas effective si le taux d'humidité du voilier était supérieure à 15%. Ce qui fut le cas, puisque le taux moyens se situait à 22%. Donc la vente fut annulée. je ne payais que les frais d'expertise.
Maintenant et avec l'expérience, je procède de la façon suivante lors de la visite du voilier:
Avec un particulier, je visite le voilier qui a retenu mon intention en m'attachant aux éléments essentiels : Gréements et voilure, carène, motorisation et aménagement intérieur. je ne signe pas de compromis de vente avant la remise du rapport d'expertise. Sachant qu'il ne faut pas accorder votre confiance aux indications du vendeur. Il faut vérifier ses affirmations. Avec l'acte de francisation. Vous constaterez que les vendeurs ont tendance à rajeunir le bateau. Pour exemple, je visite un voilier qui était indiqué de l'année 1992.
En fait, le voilier avait été mis en chantier 12 ans plus tôt et même si l'on me dit qu'il a été immatriculé en 1992, ses éléments constitutifs sont de 1980, ce qui n'est pas la même chose. En particulier pour l'électronique qui est généralement obsolète. Le gréement trop ancien pour être agréé par la compagnie d'assurance etc..
Avec un broker, je visite de la même façon le voilier, et si je souhaite à l'issue l'acquérir, je signe le compromis de vente mais en introduisant des clauses résolutoires. Sachant que le vendeur n'est pas tenu de les accepter. Dans ce cas, j'arrête le processus d'achat.
A suivre.....01/02/2006 Le prix du voyage. Embarquer à bord d'un voilier comme équipier a un coût. Il faut au minimum participer à la caisse de bord. La somme est modique, de l'ordre de 10€ par jour. Bien entendu, on trouve des embarquements où aucune contribution n' est demandée. Lorsque que je suis rentré des Antilles par les Acores, mes deux équipiers n'ont rien payé. Ce n'était pas de l'altruisme, mais tout simplement une attitude respectueuse à l'égard de ces équipiers qui avaient fait le déplacement en avion depuis la France. Mais surtout, la transat retour n'est pas une navigation tranquille compte tenu du fait que l'on tangente le 40ème parallèle et que l'on côtoie les dépressions du labrador. Le skipper doit être satisfait lorsqu'il trouve des équipiers volontaires pour lui permettre de convoyer son bateau sur le chemin du retour en sécurité. Il semblerait donc inconvenant de demander à ces équipiers de payer pour un service qu'ils rendent.
Il existe d'autres formes de contributions requises pour embarquer. Il y a celles qui vous demandent de partager les frais de gestion du bateau. Je ne partage pas cette conception de recourir aux équipiers pour diviser les frais afférent au voyage. En effet, le plaisir de la voile est certes convivial, mais il est aussi solitaire, et que je sois seul ou avec des équipiers, le prix du carburant ou de la marina est le même . Et lorsque que j'embarque un ami ou même un autostoppeur dans mon véhicule, je ne lui demande pas de partager les frais d'entretien de ou de payer une part de l'assurance. Mais lors des arrêts pour déjeuner, chacun paie sa part. Bien entendu, il y a toujours la possibilité d'organiser ce type de voyage où le propriétaire met son bateau à la disposition d'un équipage et dans ce cas, il y a une caisse commune pour tous les frais couvrant la croisière. Pour ma part, ce n'est pas le choix que j'ai fait. Je ne souhaite pas naviguer seul. Et ne pouvant embarquer la femme que je n'ai pas, je fais appel à des équipiers auxquels je demande une contribution pour la caisse de bord qui couvre tout juste l'alimentation journalière. Aussi modique soit-elle, je suis gêné de demander cette somme. Si j'avais les moyens, je m'affranchirais de cette participation financière. Car pour réaliser mon projet de voyage j'ai besoin d'équipiers et je dois les remercier d'être à bord, même si mon projet répond aussi à leur souhait de navigation.
Donc, et c'est là le cœur de mon propos, il faut quand même avoir un peu d'argent avant d'envisager d'embarquer pour plusieurs mois en tant qu'équipier. Bien que, compte tenu de la générosité nationale, il semble possible de faire le tour du monde à bord de Camerone avec seulement le RMI. Mais là, je m'avance peut être un peu ! Cela n'est pas jusqu'à présent le cas des équipiers que j'ai eu l'honneur d'embarquer.
Maintenant autre cas; vous venez de terminer vos études et avez fait le choix de partir au plus tôt vérifier si la planète est bienronde. Il vous faudra donc accumuler un petit pactole avant le départ. Si pas d'emploi fixe possible, il vous faudra recourir à l'intérim et accepter les postes proposés, même s'ils vous semblent de peu d'intérêt.. Car l'essentiel est de gagner son voyage. L'équipier Julien qui débutera en mai son périple à bord de Camerone, effectue présentement de nombreux "petits boulots". Mais toujours avec le même enthousiasme et la même efficacité, que se soit dans un centre d'appel pour faire remplir un questionnaire à des correspondants pas toujours amènes, ou au service de la poste pour distribuer le courrier de bonne heure le matin comme cela est le cas en ce moment..
Le blog de Julien : http://ludion.over-blog.com/
Avec un équipier aussi déterminé et volontaire vous pouvez partir en toute confiance.
Je ne m'étendrais pas trop sur le cas des "retraités" dont je fais parti. Ils ont généralement les moyens d'embarquer comme équipier et peuvent payer la caisse de bord sans barguigner, et j'avoue avoir moins de scrupules à leur égard pour fixer le montant de leur participation.
Enfin, et c'est là une discussion récurrente sur les forums de voileux. Peut-on trouver du travail lors d'escales prolongées ? Ma réponse est oui, si bien entendu l'on est doté de quelques compétences.
Voici quelques exemples de jobs ou de petits travaux rémunérateurs effectués par certains des coéquipiers de Camerone ou rencontrés sur un ponton.
Des jobs
- Vendeur dans un schip
- Préparateur de bateau chez un loueur
- Préparateur de voiture chez un loueur
- Aide moniteur de plongée
- Ouvrier d'entretien sur un chantier naval
- Assistant photographe
Petits travaux
- Nettoyeur de carène de bateau (en plongée)
- Monter aux mats pour dépannage.
- Installation de programmes informatique et de cartographie numérique.
- Surveillance de voiliers au mouillage
Ces listes ne sont pas exhaustives.
Conclusion : Pour voyager, il faut de l'argent. Mais l'embarquement au sein d'un équipage s'avère le moins onéreux des vecteurs compte tenu des avantages qu'il apporte. Et je vous assure que si au cours de votre voyage votre bourse venait à être vide, le Skipper ne vous jetterait pas sur le ponton avec votre sac.
Marcus