LA PRÉPARATION
Pour réussir un long voyage, on doit s'appuyer sur le triptyque suivant : Un bateau rassurant, un équipage soudé, un itinéraire préparé.
 
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Le bateau
Nous préparons un nouveau voyage.
Et tout d'abord la mise en condition du voilier Camerone. Qui bien qu'il fut prêt pour une navigation hauturière devait subir quelques interventions techniques et quelques adaptations.
Prévoir un  voyage avec de longues périodes de navigation loin des côtes, requiert de la part du voilier une conformation différente de celle d'un parcours classique côtier.
En premier lieu il fallait s'attacher un domaine essentiel : l'autonomie.
Pour le carburant pour le moteur  nous disposions de 200 litres de gasoil dans le réservoir. Cela représente en terme d'autonomie quatre jours environ. Or l'absence de vent lors de grandes traversées comme la transatlantique, en particulier dans le sens Antilles-Europe peut nous contraindre à utiliser le moteur plusieurs jours de suite. Donc il faut avoir à bord la possibilité de stocker près de 400 litres.
Pour l'eau potable, il faut prévoir 5 litres par jour et par équipier. Nous disposons à bord de quatre réservoirs. Soit un total de 600 litres. Nous ajouterons des jerricans et des caisses d'eau
Il faut également avoir à bord plus d'un mois de vivres. Bien que les navigations les plus longues ne devraient pas dépasser trois semaines. l'essentiel est mis sur les féculents et les boîtages. Sans oublier la farine qui permettra de faire son pain à bord.
En second lieu, c'est la sécurité. Cela va du système de mouillage qu'il faut au nombre de trois, et particulièrement adapté à des fonds divers et des vents forts.
Aux drisses, bouts et autres amarres en nombre et en dimension suffisants, en passant par toutes les pièces de rechanges indispensables pour un dépannage en mer.
Sans oublier une caisse à pharmacie bien pourvue pour parer toutes éventualités.
En troisième lieu l'électricité.
En effet, la technologie qui pénètre de plus en plus dans les bateaux requiert de plus en plus de watts. Il faut donc pour préserver son autonomie avoir des moyens de production électrique à la mesure de ses besoins. C'est pourquoi après différents tests notre choix s'est porté sur une éolienne de dernière génération capable de fournir un courant à partir de 10 noeuds de vent.

? L'équipage
Et d'abord le Skipper. C'est bien entendu sur lui que va reposer la réussite ou l'échec du voyage. D'une part par sa capacité technique à gérer tant la navigation que la vie courante à bord. Mais c'est de lui surtout que dépendra la cohésion de l'équipage d'autre part. Par son dynamisme, son enthousiasme, il devra être à même de créer une ambiance et une dynamique indispensables, rassemblées autour du projet.
Hétérogène par le fait même de son recrutement, l'équipage sera  plus difficile à maintenir uni que le pourrait être un équipage familial.
C'est pourquoi le choix des équipiers est essentiel.
Bien entendu, ce choix doit s'opérer à partir de la personnalité du skipper.
Et tout d'abord, il convient d'arrêter le nombre d'équipiers à bord. Trois équipiers. Avec la possibilité d'un membre supplémentaire lors de grandes traversées. Ce qui est plus confortable pour la gestion des quarts.
Mixité ou pas ? telle est la question. L'expérience tendrait à démontrer qu'une présence féminine au sein de l'équipage est positif, mais il est aussi avéré que nombres d'équipages se sont entredéchirés pour les faveurs d'une femme. Ne rien arrêter donc.
Où donc trouver les équipiers ?
Si vous êtes dans un port des Antilles il vous suffit de mettre un panneau sur la filière du voilier ou une annonce à la capitainerie du port précisant votre destination et votre date de départ.
Et puis il y a internet et les nombreuses bourses d'équipiers.
Il y aura beaucoup de volontaires à l'embarquement, mais passé quelques courriels leur motivation retombera tel un soufflé.
Pour ceux qui marqueront leur intérêt réel pour le projet, il conviendra de leur présenter le voyage dans son but et son ambiance, en n'omettant pas les aspects moins plaisants d'un tel embarquement.
L' essentiel pour Camerone, c'est, ce que l'équipier est venu chercher à bord du voilier soit cela même que  le voyage puisse lui donner.
Et je sais que j’embarque des équipiers qui peuvent être à la recherche d’autre chose qu’un simple voyage à la voile. Donc je précise que mon voyage ne s'apparente ni à du convoyage ni à une quelconque forme de charter. Chaque équipier y a sa place entière
Plus qu’un équipage, c’est une équipe soudée que je constitue, rassemblée autour d’un même projet. Où tous sont égaux et les décisions prises en commun
(Bien que comme disait Coluche le Skipper est plus égaux que les autres quand il s’agit d’une question touchant à la sécurité).

Qui donc seront mes équipiers ?
Ce sera celui qui dans une vie de stresse a envie de faire une pause, entre les affres du chômage, le dogme d'une société d'assistés irresponsables dont le principe de précaution  tient lieu de mode fonctionnement,  et les épisodes à rebondissement de la star ac .

C'est le jeune en fin cursus qui dans l'attente de trouver un poste à la hauteur de sa formation décide d'aller voir le monde avant d'accumuler des points retraite.

Enfin, c'est le retraité qui habituellement a le temps et les moyens de voyager.
Mais le caractère sportif et la courte durée des escales peuvent ne pas lui convenir.



        

 

                       Pilou, équipier à bord de Camerone, Transat 2004
                     
                            
                             En conclusion, il convient que l'équipage soit rassemblé autour de ces trois vocables :

                                                      Confiance - Solidarité - Enthousiasme


 
? Le voyage
« Le voyage pour moi, ce n'est pas arriver, c'est partir. C'est l'imprévu de la prochaine escale, c'est le désir jamais comblé de connaître sans cesse autre chose, c'est demain, éternellement demain.»
La cohérence aurait voulu que je commençasse par là ! Mais en fait, les escales doivent être en adéquation avec le but et le thème du voyage. Il convient de bien voir que le bateau n'est pas une fin en sois, mais seulement un moyen. Certes, passionnant et privilégié, mais il n'est que le vecteur pour atteindre son but.  Certains privilégierons le confort des marinas, d'autres les petits mouillages forains. Pour notre part, ce sera un mélange des genres, sachant que lorsque l'on prévoit de faire une randonnée à l'intérieur des terres, il faut avoir un emplacement sûr pour le bateau.
Pour cela il faut rassembler le maximum de documentations.
Il existe un nombre important d'ouvrages documentés rassemblant les informations indispensables pour choisir son escale et son itinéraire.

Ceux ci nous permettront de préparer notre itinéraire en fonction des vents dominants et des conditions météo du moment.
Mais c'est aussi le dépaysement et la curiosité qui nous pousseront à aborder des rivages nouveaux.

Il faudra aussi éviter les escales de plus en plus nombreuses qui s'apparentent à des caisses enregistreuses pour plaisanciers en mal d'exotisme.

* Il y a un point que je n'aborde pas dans la phase de préparation ou que je ne considère pas comme essentiel alors que pour d'autres prétendants au voyage c'est primordial. C'est celui de l'argent ou du financement. Mais il me parait évident que cet aspect a été préalablement projeté avant d'envisager ce type de voyage et de débuter sa préparation. En effet, si l'on est allocataire de la générosité collective, il pourrait sembler hasardeux de vouloir faire un tour du monde à la voile. Mais bien entendu, pour les plus débrouillards, il y toujours une possibilité de se faire quelques euros au cours d'escales prolongées.


LE DÉPART
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   à suivre..... Lire les journaux du bord