La trousse de secours - La paludisme - le mal de mer - L'eau à bord

Nous nous sommes servis pour la réaliser de l’ouvrage du Docteur Jean-Yves Chauve aux éditons Distance Assistance intitulé : Le Guide de la Médecine à distance.
Nous l’avons ensuite complété suivant la liste fournie par le Centre de Consultations Médicales Maritimes (CCMM) de l’hôpital Purpan à Toulouse.
Il faut savoir que le CCMM assure une consultation radio médicale 24H sur 24 H gratuite pour tous les marins. Nous nous sommes équipés d’une radio longue distance (BLU ou SSB) afin de pouvoir les contacter pendant nos traversées océaniques.

Contact : CCMM, Tèl. : 05.61.77.24.85, Fax : 05.61.77.74.51, E-mail : ccmm.secretariat@chu-toulouse.fr

Un bon conseil de leur part : leur envoyer la liste de la pharmacie du bord avec le nom du bateau et les détails de l’équipage avant le départ. Ceci leur permet une assistance beaucoup plus rapide.

N’oubliez pas de noter la date de naissance, le rhésus et les possibles allergies (pénicilline, aspirine, cacahuètes, etc) de chaque équipier avant d’appareiller. Sans oublier évidement les contacts en cas d’urgence. Ça peut paraître évident mais quand un accident arrive ça peut devenir rapidement la panique !

Nous avons rangé la pharmacie dans cinq boites genre Tupperware.
La plus importante est la boite "Premier secours". Elle est facilement accessible et contient tout le matériel nécessaire aux blessures.
Nous avons rangé tous les médicaments injectables avec les seringues et gardons cette boite au froid. Enfin, plutôt au frais car comme nous ne disposons pas de frigo, nous la rangeons sous la ligne de flottaison.
Chaque boite contient tous les médicaments d’un ou plusieurs chapitres de la liste. Les numéros des chapitres sont écrits sur les boites :
I. Cardio-circulatoire
II. Digestif
etc. (voir liste)
Et sur chaque boite est collé un inventaire indélébile.
Cela nous permet une recherche très rapide de tous les médicaments.

Enfin pour compléter notre littérature nous possédons Le Code Vagnon du Secourisme en Mer. Il détaille très bien les divers accidents et les secours possibles. Mais les photos sont à faire peur !

Dernière remarque, cette liste est établi pour quatre hommes  sans problème particulier (!)

                                                DOTATION MEDICALE POUR LA NAVIGATION                                            

CARACTERISTIQUESDÉSIGNATIONA BORD
Antibiotiques :  
Penicilline AAugmentin
Macrolide (infections ORL)Erythromycin Ethyl Succinate
Nitro-imidazoles (infections microbiennes et parasitraires)Flagyl
Quinolones (infections urinaires, génitales, diarrhées)Noroxine
Plaies et coups : 
désinfectants à usage externe HEXOMEDINE transcutanée
Irritation oculaire BIOCIDAN, DACRINE,...
Cullutoire, Bain de bouche 
PansementsUrgo et Actiflex
Sparadrap 
Tricosteril 
Protecteurs steriles anti ampoulesScholl
Coton 
Compresses steriles 
Bande Velpeau 
Fraumatismes benins, coups Arnican
Hematomes Hemoclar
Tulle Gras Biogaze
Pommade cicatrisante et antiseptique Homeoplasmine, Sulfanilamide
Pommade antiseptique pour furoncles et escaresCetavlon
Pommade antibiotique Bacteomycine
Savon liquide Betadine
Eau oxygenee  
Synthol 
Plaies et coups  (suite): 
Alcool 90 
Antiseptique en compressesPharmaDOSE, Uniseptine
Antiseptique liquide, desinfectantPerma Spray 
Entorses et tendinitesPercutalgine
Pommade pour tendinitesKetum
Baume vegetal calmantVegebom
Calmer les douleurs et lutter contre la fièvre : 
Paracétamol DOLIPRANE, DAFALGAN
Anti-inflammatoires VOLTARENE, NIFLURIL
Aspirine 
AntispasmodiquesSPASFON LYOC
Contre les brûlures d'estomas MAALOX, GAVISCON...
Antalgique - AntipyretiqueDafalgan, efferalgan, Panadol
Antalgique - AntipyretiqueAspirine Oberlin
AntiinflammatoireOrudis
Antalgique majeurSkenan (Sulfate de Morphine)
Pommade anti-inflammatoireFastum (Ketoprofen 2.5%)
Antalgique puissantDi-Antalvic, durogesic 25
Anti-inflammatoireTilcotil 
Decontraction musculaireBuscopan
Anti-douleurNurofen, Aspro, Dolitabs
Antibiotiques : 
Traiter une inf. urinaire, diarrhée fébrile persistante après 48 hFluoroquinolones
Traiter une infection ORL ou respiratoiratoire fabrilePénicilline, Macrolides
Contre les réactions allergiques : 
Antihistaminiques CLARYTINE, ZYRTEC, AERIUS...
Corticoïdes : par voie orale, spray et injectableSOLUPRED, CORTANCYL
Adrénaline ANAKIT, ANAHELP
Contre insomnie et anxiété: 
Hypnotiques STILNOX...
Anxiolytique LEXOMIL, TRANXENE
Mal de dos, lumbago : 
Anti-inflammatoiresFeldene, Tilcotil, Piroxam, Brexin
Decontractant musculaireMyolastan, Alinam, Miorel
AntalgiqueDi-Antalvic, Idarac, Nalgesic
Baume revulsifDolpic
Ceinture lombaire 
Plaies importantes :  
Bande adhesiveElastoplaste
Bande extensible 
Sutures cutanees adhesivesUrgostrips, Steri-Strip
Suture sterileEthicrin, Trinyl
Coussin hemostatiqueThuasne
Anestesique local injectableXylocaine
CicatrisantCicatryl
CoagulantCoalgan
DesinfectantEosine en dosettes
Antalgique, antispasmodiqueVisceralgine forte
Pansement occlusifOcclusyl
Pansement semi-permeableTegaderm
Maux de tête :  
Aspegic, Efferalgan 
Doli rhume 
Mal de mer :  
Mercalm 
Dramamine  
NausiCalm 
Cloranautine (Dimenhydrinate) 
Cocculine 
Traitement des états de chocs : 
  
Epinephrine (1mg/ml)Adrenaline Aguettant
Isobordine Dinitrate (5mg) circulations sanguines - coeurIsordil
Soleil, Piqures et moustiques : 
  
Crème solaire protectrice, resistante a l’ eau 
Lait hydratant apres soleil 
Pommade contre bruluresBiafine
Crème anti moustiquesCinq Cinq
AntistaminiqueClarityne, Zyrtec
Antistaminique injectableCelestene
AntiasthmatiqueVentolin
Corticoide local (suite à une allergie)Diprosone
Mal de ventre :  
AntiacideMaalox
AntidiarrheiqueImossel, Peracel ou Immodium
Antiseptique intestinalErcefuryl ou Intetrix
AntispasmodiqueSpasfon-Lyoc
Anti constipationMicrolax, cachets Dufalac
Comprimes de purification d’ eauCelluplast, Micropur
Purification des reservoirs d’ eauAcquaClean 
Antiacide gastrique localGelusil
Antiulcereux Zoltum (Omeprazole)
Antiemetique (contre les vomissements)Metoclopromide
Antihemorroidaire (hemoroïde)Sedorrhoide
Laxatif (pour aller au toilette)Duphalac
Pansement intestinalSmecta (Dioctahedral Smectite)
Test pour infection urinaireLabstix
Duretique (élimination des excès d'eau)Lasix
Antinauseeux (contre la nausée)Motilium
Antiasthenique (contre la fatigue et les épuisements)Coramine Gucose
Antisécrètoires ULTRA LEVURE, LACTEOL
Anti vomitifVOGALENE LYOC
ORL - Ophtalmologie :  
Pommade antib. ophtalmiqueGaramicin (Gentamicin sulfate)
Collyre antiseptiqueAntalyre (Chlorhexidine - Synephrine)
Antiherpetique localZovirax
Desinfectant buccalChloropharm(Chlorhexidine gluconate 0,2%)
Gouttes auriculaires et nasalesOstoporin
Kit dentaire 
Infection voies respiratoiresKlacid
AphtesPyralvex
Eye irrigation packEye irrigation pack
Collyre en dosettesAntalyre
ConjonctivitesChibroxine
Accessoires : 
Quelques seringues à usage unique (2 à 5 ml), 
Thermomètre incassable, 
Préservatifs... 
Pince a epiler 
Thermometre 
Ciseaux 
Doigtier 
2 epingles de surete 
Aspi venin 
Stick a lèvres 
Baume du Tigre 
Epingles de surete 
Gants streriles 
Fil pour suture 
Resine de contention 
Seringue injection sterile 
Aiguille injection SC - IM 
Couvertures de survie 
Purifier l'eau (Aquatabs, Micropur, Drinkwell) 
Répulsifs corporels  (cinq sur cinq, Mousti Fluid…) 
Répulsifs vêtements (Insect Ecran Vetement, Repel insect vêtement…) 
Moustiquaires imprégnées 

MAL DE MER . PHYSIOLOGIE ET REMEDES

Mal de mer : combien d'équipages ont été décimés et combien de batailles navales ont été perdues à cause de ce mal dont on a longtemps ignoré l'origine.

En réalité, la station debout de l’homme est une perpétuelle provocation aux lois de l’équilibre et de la pesanteur. Au cours de la lente évolution vers “ L’homo erectus”, le système de contrôle de l’équilibre s’est perfectionné en augmentant sa sensibilité et en développant des systèmes de contrôles annexes où interviennent les yeux, les muscles, les ligaments et autres récepteurs proprioceptifs situés au niveau de l’abdomen. Par bonheur, sur un sol stable, tout ce système très élaboré fonctionne parfaitement et corrige le moindre déséquilibre.

La tour de contrôle de la fonction de l’équilibre est située dans l’oreille interne au niveau du système vestibulaire ou système labyrinthique. Cet ensemble contient en particulier les canaux semi-circulaires.

Pour imager l’action de ces canaux, on peut les comparer au niveau à bulle utilisé par les maçon :

Quand nous bougeons, la bulle entrainée par les mouvements du corps, se déplace à l’intérieur de l’ampoule. De minuscules électrodes situées à l’intérieur de l’ampoule sont stimulées par les mouvements de la bulle. L’électrode sollicitée, informe, par l’intermédiaire d’un nerf transmetteur, certaines régions spécifiques du cortex cérébral.

Ainsi, grâce à la position des bulles (il y a en fait, dans chaque oreille, 3 bulles et donc 3 ampoules disposées dans les 3 plans de l’espace ), ces formations cérébrales recoivent en permanence des renseignements sur la position du corps dans l’espace. Ces informations sur la position du corps sont confirmées par les autres récepteurs comme les yeux ou les récepteurs proprioceptifs situés notamment au niveau des membres inférieurs.

Réalisant un véritable travail d’ordinateur, les formations cérébrales intègrent toutes ces données et les comparent afin d’élaborer une réponse cohérente qui évitera leur propre mise en péril consécutive à une chute intempestive.......

Ainsi, selon le changement de position, une réponse motrice réflexe périphérique involontaire (contraction ou relachement des muscles de posture) assure le maintien de l'équilibre et permet de conserver une verticalité constante dans la plupart des circonstances.....

Mais sur un bateau tout se complique ! L’homme, être qui depuis toujours a su garder les pieds sur terre, vit brutalement une situation inhabituelle.

Avec les mouvements liés aux vagues, les bulles bougent en permanence. Pourtant le corps est immobile, assis ou déjà allongé. Les informations provenant des récepteurs proprioceptifs le confirment. Qui croire ? Le système nerveux central n’aime pas du tout ces informations contradictoires: La discordance des données va entrainer des conflits au niveau des différentes formations cérébrales impliquées dans le maintien de l’équilibre. Ces conflits peuvent toutefois être atténués si un récepteur arbitre le débat en fournissant une information indiscutable en particulier sur une référence géométrique. C’est, par exemple, le cas de l’œil qui fixe l’horizon.

Que faire ? Sollicité de façon anarchique, le cortex cérébral ne peut élaborer de réponse cohérente pour assurer le maintien de la verticalité d’autant plus que les muscles sont pour la plupart relachés. Sans la possibilité de pouvoir exploiter ces influx nerveux, le cortex cérébral se résout à les stocker, créant peu à peu un surplus d’influx très encombrant. La "surcharge nerveuse" chemine alors le long des voies réflexes jusqu'à la "Chémoréceptive Trigger Zone" (CCTZ) qui excitant le centre du vomissement déclenche sa réponse et sa participation enthousiaste. Puis, peu à peu, les centres nerveux de l’équilibre assimilent les informations qui lui parviennent sans les utiliser. Il apprend à ne plus en tenir compte, c’est l’amarrinage. Le processus est le même face à un bruit désagréable mais persistant. Au bout d’un certain temps, ce bruit de fond s’intègre dans l’environnement normal à tel point que l’on ne le perçoit même plus. Le temps d’adaptation est très variable selon les individus mais dans la plupart des cas, il est obtenu après un maximum de 3 jours.

Enfin, c’est le retour à la terre. Les informations contradictoires que les centres nerveux avaient enfin assimilé à l’environnement normal, disparaissent brutalement. Il persiste toutefois pendant un certain temps une rémanence de ces informations qui correspond à la désadaptation progressive des centres nerveux. C’est le même phénomème avec le bruit désagréable cité plus haut. Quand il s’arrête, on met un certain temps pour s’apercevoir de sa disparition. Cette persistance de la perception des mouvements alors qu’ils ont disparus, se traduit par le mal de terre, impression ébrieuse d’un sol animé de balancements dont vous aurez parfois du mal à prouver l’origine purement vestibulaire....

Comme en beaucoup de domaines, l’égalité ne règne pas face au mal de mer. Certains se considèrent comme insensibles mais, en réalité ils peuvent, eux aussi, être amenés un jour ou l’autre, a payer leur tribut à Neptune tant les facteurs qui interviennent dans la génèse du mal sont nombreux. Les facteurs déclenchants du mal de mer :

- A - Facteurs généraux - Le type de mouvement du bateau : Le système de l’équilibre est particulièrement sensible aux accélérations linéaires. En bateau, ce type d’accélération est représenté par les mouvements de haut en bas donc les mouvements de tangage. Cette sensibilité est maximale si les déplacements sont perpendiculaires à la ligne oeil-oreille, elle est atténuée pour les mouvements parallèles. C’est une des raisons pour lesquelles à l’allure du près on est moins sensible au mal couché que debout ou assis.

Les mouvements angulaires, représentés en bateau par le roulis stimulent peu le système de l’équilibre et sont beaucoup moins nauséogéniques, sauf si l’on est sur le côté d’un bateau large, là où les mouvements de roulis ont l’amplitude d’un mouvement linéaire. - Les mouvements propres de la tête : Ils accentuent les conflits d’information en apportant d’autres informations contradictoires. C’est la raison pour laquelle, il faut garder le plus possible la tête immobile quand on est malade.

- Le rôle de l’oeil est également essentiel: Un film tourné sur un bateau par mer agitée, projeté dans une salle peut provoquer le mal de mer. La même scène vécue sur l’eau a les mêmes vertues selon un mécanisme inverse. Dans le premier cas, c’est l’oeil qui détecte le mouvement et le corps qui est immobile. Dans le deuxième cas, c’est l’inverse. Dans ces deux situations les informations discordantes aboutissent à la même conclusion.

Toutefois, le fait de pouvoir garder la ligne d’horizon ou tout point fixe de la côte comme repère permet au système de l’équilibre de garder une référence géométrique très salutaire. C’est pourquoi, il est préférable de rester sur le pont tant que les conditions de sécurité le permettent.

Capacités d’adaptation : - Sensibilité individuelle au mal de mer La susceptibilité individuelle dépend de 2 aspects : - La réceptivité : Elle est différente selon les individus et dépend de la façon dont le système nerveux “code” l’intensité des mouvements. - L’adaptabilité : Il semble exister 2 types de sujets : . les adaptateurs rapides qui mémorisent rapidement ces mouvements inhabituels; . les adaptateurs lents qui mettent du temps à mémoriser ces mouvements inhabituels.

Ainsi 4 catégories de sujets peuvent être définis : . Les sujets à haute réceptivité et à adaptation lente: C’est la catégorie des sujets manifestants un rejet farouche du bateau. . Les sujets à haute réceptivité et à adaptation rapide: Vite malades et vite guéris, ils acceptent avec une grande fatalité ce passage obligé vers la haute-mer. . Les sujets à faible réceptivité et à adaptation lente : Pas vraiment malades, pas vraiment en forme, ils supportent comme ils peuvent ce “mal-être” persistant. . Les sujets à faible réceptivité et à adaptation rapide: Se sont les plus heureux. Peu ou pas de symptômes qui de toute façon disparaissent rapidement.

- Autres facteurs individuels à prendre en compte

- L’âge : la susceptibilité au mal des transports varie avec l’âge. Ainsi : . un enfant de moins de 2 ans, qui a un système de l’équilibre encore immature est pratiquement insensible au mal de mer. . de 2 ans à 12 ans, le système de l’équilibre est à son meilleur niveau et les centres de l’équilibre n’ont pas encore mémorisé ces mouvements particuliers. . avec l’avancement en âge, la mémorisation adaptative augmente, et les troubles diminuent. après cinquante ans, le mal de mer est très rare, ce qui est, pour une fois, une évolution satisfaisante du vieillissement.

- le sexe : Pas de différence significative dans la sensibilité au mal, si ce n’est le fait que les femmes sont souvent soumises à des principes socio-culturels maritimes les exposant plus souvent à des situations nauséogéniques ( manque de responsabilité, activités ménagères ).

- La psychologie : L’anxiété n’est pas en soi un facteur déclenchant du mal de mer. Toutefois, le “mal-être” induit par les conflits d’information est renforcé par l’appréhension. A contrario, un stress violent semble éclipser complètement le mal de mer.

- La fatigue : On peut penser que le manque de sommeil et l’épuisement diminuent les capacités d’adaptabilité et le seuil de réceptivité du système de l’équilibre.

- Le froid, l’humidité, la faim : Ils semblent intervenir eux aussi dans les capacités de réaction du système de l’équilibre.

- Les odeurs : Elles ont parfois des vertus évocatrices qui, ici, accélèrent le processus nauséeux sans intervention directe au niveau du système de l’équilibre.

SYMPTOMATOLOGIE DU MAL DE MER

Sans entrer dans des détails dont l’évocation pourrait réveiller des souvenirs que l’on croyait oubliés, les manifestations du mal de mer peuvent prendre différentes formes.

Les prodromes sont en général insidieux. On décrit une apathie, une somnolence, un ralentissement des temps de réaction. Selon les catégories définies plus haut le mal peut parfois en rester là. Mal perçu ou dissimulé, il peut avoir des conséquences graves en particulier s’il touche le chef de bord bien souvent incapable alors de réagir fermement et rapidement à une situation qui l’exigerait. Puis le mal entre dans sa forme d’état qui débute par des maux de tête, des bâillements, , une pâleur du visage, des sueurs froides. Les éructations précèdent les nausées et les vomissements. Une grande lassitude s’installe qui s’accompagne d’un désintérêt pour le bateau comme pour soi-même. A ce stade, il y a danger. L’attente désespérée de la terre peut conduire à des attitudes ultimes qu’il convient de prendre en compte: “Un malade attaché sur le pont est un homme à la mer en moins”.

Les vomissements apportent un soulagement certain. Ils correspondent à une libération de la surcharge nerveuse liée aux conflits d’informations. Une armistice en quelque sorte.

Et selon les catégories définies, la durée et l’intensité de la situation conflictuelle vont ou non entrainer une accumulation de surcharge nerveuse avec pour corollaire des troubles plus ou moins inconfortables.

Puis l’adaptation s’installe enfin et libéré, chacun peut profiter à loisir d’une vie en mer bien méritée.


LES TRAITEMENTS DU MAL DE MER


-1- L’idée de nombreux traitements proposés consiste à limiter l’influence des informations en provenance des centres de l’équilibre, par un mécanisme qui peut s’apparenter à une anesthésie de certaines voies nerveuses.

Malheureusement ces produits, absorbés par la bouche, de part leur mode d’action et leur diffusion générale, entrainent souvent une somnolence, et quelquefois des maux de tête, une sécheresse de bouche, des palpitations, des vertiges. ils sont en général contre-indiqués chez la femme enceinte, les enfants en dessous de 15 ans (parfois moins), les porteurs de glaucome. Ils contre-indiquent la consommation conjointe d’alcool.

La plupart font partie de la classe des antihistaminiques dont l’action sédative est parfois compensée par un stimulant du système nerveux.

Parmi ces produits on peut citer -Nautamine -Mercalm -Nausicalm -Dramamine

Pour tenter d’avoir une action locale, dirigée plus spécifiquement sur le système de l’équilibre, un procédé transdermique à coller derrière l’oreille diffuse lentement à travers la peau une substance de la classe des Atropiniques efficace pendant 72 heures (Scopoderm). Toutefois ce système peut présenter également des effets secondaires comme une sécheresse de bouche, des troubles de l’accommodation (mydriase), une somnolence.


-2- Un autre type de médicaments utilisé agit directement sur les centres du vomissement combattant ainsi les effets plutôt que la cause. Ces produits sont classés parmi les anti-émétiques. Parmi ces produits on peut citer -Primpéran -Vogalène -Motilium Leur action est en général moins efficace mais ils ont l’avantage d’avoir peu d’effets secondaires et peu de contre-indications.

-3- D’autres produits qui facilitent la circulation sanguine au niveau du système de l’équilibre, semblent avoir une action positive sans contre-indications ni effets secondaires majeurs. C'est particulièrement vrai pour un produit: Sureptil


-4- Les produits homéopathiques s’ils sont utilisés en phase préventive avant le départ en mer, paraissent améliorer les capacités d’adaptation au mal de mer. Parmi ces produits on peut citer: - Cocculine - Tabacum -5- Les systèmes d’acu-massage développés à partir de principes de Médecine Traditionnelle Chinoise utilisés en Extrême-Orient, en agissant sur un point du poignet, semblent capable d’évacuer la surcharge nerveuse -appelée ici énergie “perverse”- vers une loge moins susceptible que celle qui régente les mouvements de l’estomac. Comme les produits d’homéopathie, ces procédés ne présentent pas de contre-indications ni d’effets secondaires notables.

Parmi ces prduist on peut citer -Transway -Faraway

Cette liste des produits n’est malheureusement pas exhaustive, ce qui tend à prouver qu’il n’existe pas de remède miracle au mal de mer. A chacun de trouver dans cette liste le médicament qui lui convient le mieux.

LES PETITS TRUCS complémentaires contre le mal de mer


-1- Il faut partir après: . une bonne nuit de sommeil et en bonne forme physique; . avoir pris le temps de faire un repas copieux mais léger; . s’être habillé chaudement. Les cirés ou les bottes sont plus faciles à enlever qu’à enfiler; . avoir garni ses poches de quelques barres de céréales qui permettront de tenir sans avoir besoin de descendre dans la cabine; . avoir pris la précaution d’installer quelques bouteilles d’eau (type Vichy) à portée de main dans le cockpit.


-2- Une fois en mer : . éviter de faire le fanfaron, mais tenter de s’économiser. La station assise est très favorable au mal de mer. Si aucune occupation ne se présente, il vaut mieux s’allonger. . les ballades à l’étrave comme le séjour prolongé à l’intérieur sont à proscrire surtout en début de croisière. . grignoter. des barres de céréales, des fruits, des gâteaux secs. Boire abondamment.


-3- Ca ne va pas : . il faut s’allonger près du centre de gravité du bateau. En général, c’est au niveau du plancher de la cabine, au niveau de l’arrière de la quille. . la tête doit être bien calée par des coussins ou des sacs.


-4- Ca ne va vraiment pas : . Vous êtes capable de monter dans le cockpit, demander que l’on vous attache et diriger vous du coté sous le vent du navire. . Vous êtes incapable de monter dans le cockpit, demander un seau avant qu’il ne soit trop tard. Dans cette situation très inconfortable, faites tout de même le maximum pour être discret. Pensez que le mal de mer est un phénomène qui ne demande qu’à se répandre jusqu’à parfois mettre en péril tout un équipage.

Docteur Jean Yves CHAUVE


Bibliographie partielle: CORREIA & GUEDRY Modification of vestibular responses as a function of rate of rotation about an earth horizontal axis. Acta Oto-laryng. 62, 297-308 (1967) DAHL , OFFER-OHLSEN Transdermal scopolamine, oral meclizine and placebo in motion sickness. Clin. Pharmacol. Ther 36 : 116-120 GRAYBIEL : Structural elements in the concept of motion sickness. Aerospace Med 40. 351-367 (1969) HALPERT : Le mal des transports. Revue Interne Services Santé des Armées 6, 50 (1977) MONEY : Motion sickness; Physiological Review 50 (1) : 1-39; (Jan 1970) PARKER : Psychophysiological test for motion sickness suceptibility. J. Gen. Psycho 85,87-92 (1971) REASON Relation between motion sickness suceptibility the spiral after-effects and loudness estimation Br.J. Psychol 59, 385-393 (1968) REASON & DIAZ The effects of visual reference on adaptation to Coriolis accelerations. Flying Personnel Research Comitee Report n° 1303 (1970) WANG & BORISON Emetic and antiemetic drugs. Vol.2 Part B The central nervous system drugs. Academic press (1965)

Le paludisme

Il est aussi appelé malaria.
C'est une maladie tropicale due à un parasite appelé plasmodium, transmis à l'homme par les piqûres des moustiques femelles du genre anophèles (le sang est nécessaire à la reproduction du moustique).
Il existe 4 types différents de plasmodium : P. vivax, P falciparum, P. malariae et P. ovale.
Le falciparum est le plus redoutable, il survit en général moins de 2 mois dans l'organisme mais peut être mortel, les 3 autres sont moins graves mais peuvent persister dans l'organisme (dans le foie) plusieurs années.
Le cycle du parasite est complexe et ne sera pas détaillé dans le cadre de cet article, mais pour comprendre la maladie il faut savoir que le parasite va rapidement pénétrer dans les globules rouges du malade, s'y reproduire en quantité aboutissant à un éclatement des globules rouges et par voie de conséquence à une anémie plus ou moins marquée.

La maladie sera suspectée devant toute fièvre inexpliquée chez un sujet séjournant depuis plus de 7 jours dans une zone à risques : le tableau clinique ira d'un simple embarras gastrique ou d'une diarrhée fébrile jusqu'à une fièvre majeure avec anémie et jaunisse (due à la bilirubine larguée dans le sang par l'éclatement des globules rouges) voire avec troubles neuro-psychiques et insuffisance rénale.
Le diagnostic formel ne peut être fait que par un laboratoire : examen immédiat d'un frottis sanguin et goutte épaisse pendant les crises, sérologie entre les crises.
Le traitement de la crise (appelé accès palustre) sera mis en route dès la suspicion et nécessite un avis médical.

On aura compris que la prévention de la maladie est capitale :

Elle se fait à l'échelon collectif avec assainissement des marais et destruction des moustiques, mais elle ne dispense pas de la prévention individuelle.

Il faut savoir que les moustiques piquent entre 20 heures et 4 heures du matin, la nuit est donc la période à risque :
-utilisation d'insecticides rémanents (pyréthrinoïdes) dans les chambres.
-protection du lit par une moustiquaire imprégnée d'insecticide.
-vêtements couvrants à manches longues, de couleur claire.
-sur les tissus : insecticides dont la durée de l'efficacité est de 3 à 6 semaines.
-sur la peau, produits répulsifs. Très efficaces mais possibilité de réactions locales d'intolérance. Ils se présentent sous forme de crème, lotion, lait, vaporisateurs, sticks, spray. Il faut faire attention aux contre-indications (âge, grossesse, muqueuse)
-laisser les fenêtres fermées dans les pièces climatisées
-chimioprophylaxie (médicaments pris dans le but d'éviter la maladie)
elle est indispensable mais pose des problèmes dans la mesure où le plasmodium a tendance à résister, selon la zone géographique, aux divers traitements (au premier rang desquels la quinine ou nivaquine)
On distingue ainsi 3 zones :
Les pays du groupe 1
Les pays du groupe 2
Les pays du groupe 3

Il faut savoir que la chimioprophylaxie n'est pas efficace à 100 % (c'est à dire qu'on peut quand même être contaminé), qu'elle doit être commencée avant le départ et prolongée après le retour selon des modalités fonction de chaque produit.
Avant de partir, il faut donc se renseigner pour savoir à quel groupe appartient le pays visité, d'autant que la situation est constamment évolutive. Pour ce faire consulter le tableau de l'OMS

Actuellement la chimioprophylaxie préconisée suivant le pays est la suivante :

Pays du groupe I, quelle que soit la durée du séjour : Nivaquine 100, 1 comprimé par jour à commencer la veille du départ, et à poursuivre 1 mois après le retour

Pays du groupe II, pour séjour de moins d'un mois:
Nivaquine 100, 1 comprimé par jour et traitement de tout accès de fièvre par le Lariam.
ou Savarine, 1 comprimé par jour
à débuter la veille du départ, arrêt 1 mois après le retour.

Pays du groupe III, pour un séjour de moins d'un mois :
Lariam 250, 1 comprimé par semaine, à commencer 1 semaine avant le départ et à poursuivre un mois après le retour.
ou Doxycycline, 1 comprimé par jour (sauf enfant, grossesse ou photosensibilisation)

Séjour de plus de 1 mois :
Pays du groupe II et III : Savarine, 1 comprimé par jour, à débuter la veille du départ, arrêt 1 mois après le retour.
Pays du groupe III et dans certaines zones forestières de Thaïlande, Myanmar et Cambodge : Doxycycline, 1 comprimé par jour à poursuivre également 4 semaines après le retour (sauf enfant, grossesse ou photosensibilisation)

Cas particuliers :

Chez la femme enceinte :
Nivaquine 100 (zone 1) ou Nivaquine 100 et Paludrine 100, 2/jour (zone 2 et 3).
Chez la femme non enceinte mais pouvant l'être dans un pays du groupe III : traitement contraceptif.
Chez le nourrisson : Nivaquine (1,5 mg/kg/j.) et Paludrine (3mg/kg/j.) peuvent être utilisées.


La prévention du paludisme est donc indispensable mais complexe et évolutive, elle nécessite un avis médical avant le départ.
 

L'eau à bord de Camerone
Elément essentiel à la vie, l'eau à bord constitue une de nos principales préoccupations.
Quand il s'agit de navigations côtières, la capacité de nos réservoirs est suffisante pour nous assurer un confortable approvisionnement et une rassurante tranquillité.
Mais dès lors où l'on entreprend une traversée intercontinentale, les réserves en eau doivent être gérées de façon très rigoureuse.