Zone de Texte:
Mars 2008
Voilier : Camerone
Skipper: Marcus
Equipiers: Antoine - Alexandre
Parcours :
Gruissan->îles Baléares->Sardaigne.
Evénements principaux :


Mars - Avril - Mai - Juin - Juillet - Aout - Septembre - Octobre

Zone de Texte: Port de Gruissan, 
notre point de départ
Mardi 19 mars 2008. La dernière amarre est larguée. Camerone quitte doucement son ponton. Le ciel est encombré de nuages, mais un vent faible du nord, devrait bientôt le dégager.

Antoine est à la barre. Ses premiers mouvements sont gauches, mais bientôt, sa manœuvre devient plus souple, et le voilier trace sa route entre les balises.

A la sortie du port, le cap est mis au sud. La grand voile est hissée, puis la voile d'avant est envoyée à son tour. La mer est un peu houleuse, suite aux vents forts de la veille, mais le voilier comme heureux de retrouver la haute mer file déjà à plus de six nœuds.

C'est ainsi que pour Camerone et son skipper débute leur troisième périple en méditerranée et leur première expérience en bateau pour nos deux équipiers.


           L'équipage au départ de Gruissan


    Mieux vaut la position couchée pour l'estomac.
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        Alex a déjà compris l'usage du seau.



        On passe entre entre l'anticyclone et la dépression
 

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Barcelone

Pollença : Ile de Majorque

Un chaud soleil sur Majorque....enfin

Sans rentrer dans les détails techniques qui n'intéresseraient que les spécialistes du "routage", voici ce que nous eûmes dans les faits  pour 110 milles à couvrir:

  - 08h : Départ  : vent nul....moteur
  - 10h : vent force 4. Toutes voiles sorties
  - 12h : vent force 6. Grand voile réduite
 
- 13h : vent force 7. Grande voile réduite, Voile d'avant rentrée, petite voile d'avant sortie.
 
- 14h : vent force 8. Grand voile réduite au maxi, petite voile d'avant. Houle importante.
- Equipiers "indisponibles"
- Vitesse établie 8,5 nœuds.
Le skipper s'interroge: Si la force du vent se maintient et si les creux des vagues dépassent les 3 mètres, alors que Camerone fait route par le "travers", ne serait t-il pas plus prudent de se mettre "en fuite" ?. C'est à dire aller dans le même sens que le vent. Car même "Rosalie" notre nouvelle éolienne, ne sait plus où donner de la pâle.
Le vent fournira la réponse.
  - 15h : vent force 4 : Toutes voiles sorties
  - 17h vent nul. Moteur.
Bilan: 50 milles en 6 heures, 60 milles en....16 heures

 

"Raymond", notre cher pilote a pris la barre. Marcus peut initier Antoine et Alex aux premiers rudiments des savoirs- faire des équipiers par l'apprentissage des nœuds essentiels, et des manœuvres d'amarrage, indispensables lors de l'arrivée dans un port.

A proximité des côtes de Banyuls, notre première étape, le vent se renforce. La grand-voile est ferlée.
Le petit port n'est pas adapté pour des unités de plus de 13m, et le premier emplacement que l'on nous attribut trop court. C'est donc le long du quai que Camerone et son équipage passeront leur première nuit.
Dans le nuit, la houle berce intensément nos équipiers.
Et au matin, les mines sont un peu tirées.

Marcus avait retrouvé ses reflexes et dès sept heures a réveillé Antoine et Alex par un petit sifflement que des équipiers précédents avaient en horreur.

A huit heures, les voiles sont de nouveau hautes et l'allure portante fait naviguer Camerone à plus de sept nœuds. La houle s'est accentuée. Bientôt l'estomac de nos jeunes équipiers rentre en dissidence.

Marcus observe avec circonspection le cap Creu, "le cap Horn" du marin  méditerranéen . Malgré qu'il le déborde très largement, c'est toujours avec une certain appréhension que celui ci est franchi, tant sa mauvaise réputation est connue de tous les plaisanciers et souvent redouté pour les vagues qu'il soulève.

Il n'y aura donc pas de repas à midi. Alex inaugure l'usage du sceau, plus rapide que de se pencher au dessus de la filière pour se soulager de son petit déjeuner.

Au cours de l'après midi, le vent faibli, le ciel se couvre, annonçant par là même l'arrivée d'un front chaud et des vents forts pour la nuit.

Nous nous amarrons dans le port de Lestartit, notre première escale en Espagne.

Ces deux premiers jours, ont montré qu'être équipier à bord d'un voilier ne se décrète pas. Que les apprentissages ne sont pas évident pour tous. Et un certain nombre d'aptitudes sont indispensables
.

Le lendemain après midi, alors que les conditions météorologiques sont très mauvaises sur l'ensemble du bassin méditerranéen, nous quittons notre abris pour nous lancer en direction du capo Négro. La grand voile est réduit à son maximum, le vent souffle du nord à plus de trente nœuds. La mer est agitée. Mais le ciel est d'un bleu limpide et le soleil brule déjà nos visages. Après avoir étudié longuement les prévisions météo et suivi le déplacement des dépressions, Marcus  décide de poursuivre notre descente vers le sud de l'Espagne avant que la prochaine perturbation qui va nous rejoindre  la nuit prochaine, ne nous bloque sur la côte nord  durant les trois jours prochains. La mer est vide, Alex est à la barre. Il a quelques difficultés pour maintenir la proue du voilier face aux violentes rafales de vent alors que Marcus hisse la voile avec l'aide d'Antoine. Bientôt  la course de notre voilier devient moins erratique. La vitesse augmente alors que nous nous éloignons de la côte. Après avoir dépassé le cap Bégur, Antoine a pris la barre et Camerone dépasse la vitesse de neuf nœuds.
Nous pénétrons dans le port commercial de Palamos et nous nous amarrons sur le quai en béton.

Ces trois premiers jours de navigation auront été éprouvants pour nos jeunes équipiers.
Ils leur faut assimiler rapidement les techniques de base dans des conditions de navigations difficiles.
Pourtant, entre les termes techniques spécifiques de la voile, les nœuds qu'il faut savoir effectuer promptement lors des manœuvres d'amarrage et les ordres du skipper souvent incompréhensibles, ils s'en sont bien sortis, mais éreintés, et le soir dès vingt et une heures c'est le silence à bord de Camerone.

Nous n'avons pas échappé aux intempéries qui ont traversé la France durant les vacances de Pâques.

Voilà bien longtemps que Camerone avait vu son pont recouvert par une couche de neige fondue qui nous atteignait lorsque nous entrâmes dans le petit port de Blanes. La mer et le ciel se confondaient dans une pâleur laiteuse. Un vent froid  nous glaçait le corps. Des nuages moutonneux sur l'horizon pouvaient faire croire à une proche terre australe. Nous n'en étions toutefois pas à rechercher des icebergs. Peut être à cet instant manquait-il à bord le jeune Tito ?

Comme souvent c'est le cas dans des petits ports, les 14m de Camerone effraient le préposé de la marina, et avec de grands gestes, il nous fait comprendre qu'il n'y a pas de place pour notre unité et que l'on peut aller se......voir ailleurs.
 Nous tournâmes en rond quelques peu indécis, puis Marcus imperturbable et  habitué à ce type de refus, glissa Camerone entre deux chalutiers le long de la jetée. Ou nous passâmes deux nuits froides entre orage et coup de vent.
Le matin suivant nous reprenons notre progression vers Barcelone entre deux dépressions et les multiples bulletins météorologiques spéciaux annonçant des avis de tempête.
Même comme souvent, et dès lors où l'on appréhende les techniques météo, avant  le passage du front froid porteur des vents forts, c'est d'abord le front chaud  avec nuages puis ciel bleu et beau soleil, puis le ciel se couvre et survient les vents violents. Nous avons donc précédé ceux ci en nous abritant dans un port à 15 milles de Barcelone. Le hasard ayant bien fait la chose, car l'endroit est sympa et le prix de la place pour le bateau moitié moins cher que partout ailleurs.

C'est à partir du port de Belis (ne chercher pas sur une carte vous ne trouverez pas) que nous nous rendrons à Barcelone en utilisant le train.

Après ces quelques jours à découvrir ou redécouvrir la cité de Barcelone, une courte fenêtre météo devrait nous permettre de nous abstraire de la côte espagnole pour gagner les îles Baléares.

Que ce soit durant l'été ou le printemps, rejoindre les îles Baléares en voilier s'apparente à un exploit pour celui qui voudrait effectuer la liaison par le seul moyen de ses  voiles.

Pourtant les prévisions météorologiques du matin de notre départ, nous donnaient des vents favorables pour plus de  vingt quatre heures.

                                La suite

Encore une carte météo : La vitesse des vents est exprimée en nœuds (1n = 1,856km)
Les flèches indiquent la direction où va le vent et lorsqu'elles sont rouge, le vent souffle en rafale un tiers supérieur.

Le skipper s'est infiltré dans ce mince couloir bleu, pensant y trouver les vents prévus. Mais, comme toujours, les "prévisions météo" ne sont que des "prévisions".

Zone de Texte: Indiquent des  rafales de 50 nœuds
 

  Peu de photos durant ces navigations. Encore moins de film.
Les opérateurs n'étaient pas en situation de "tourner".

Quelques jours à parcourir les paysages merveilleux de l'Ile de Majorque.
                                        ***
Le séjour à Majorque n'aura pas été celui que l'on pouvait espérer et que sa géographie nous proposait.

Nous subîmes une météo exécrable. Vent, pluie, froid.

Nous visitâmes pourtant entre deux  intempéries la ville et ses environs et quelques randonnées avec bivouac furent effectuées par le plus hardi et courageux. 

En mouillant dans la baie de Pollensa, nous savions qu'une dépression était prévue sur les îles Baléares dans les jours à venir.
Ce fut une bourrasque qui s'abattit sur notre mouillage. Des vents et des pluies avec des rafales de plus de 45 nœuds secouèrent  notre voilier, tirant à couper son amarre ancrée au milieu de la baie.

Un skipper averti en valant deux, toutes les précautions ainsi que les dispositions avaient été prises sur le pont pour étaler ce fort coup de vent.
A trois heures du matin, le 31 mars, le premier assaut était donné. La pluie se mit à frapper les hublots, puis les hurlements du vent en furie se firent entendre, menaçants.
Les drisses frappaient le mat. Les haubans vibraient. Les soixante mètres de chaines tendus à rompre tiendraient-ils  aux coups de boutoir des rafales ?
Camerone évitait autour de son ancre comme semblant  vouloir s'en détacher.
Marcus  qui attendait déjà depuis quelques heures cette perturbation, fut rapidement sur le pont.
La visibilité était nulle. Le ciel et les mer se confondaient dans une noirceur obscure. Impossible d'aller sur le pont avant pour reprendre une drisse. C'était courir le risque d'être emporter par une rafale.
Marcus s'installa à la table à carte, les yeux sur les chiffres du GPS. Chassera, chassera pas ? Telle serait la question.
Le jour laiteux apparu.  Les équipiers petit déjeunèrent en silence. Leur sommeil avait été écourté.
Vers 10h nous pûmes mettre un zodiac à l'eau  et  faire un peu d'avitaillement et laisser Alex entreprendre sa randonnée terrestre.
De retour très vite à bord, nous observâmes les courbes barométrique. Après avoir remonté durant ces dernières heures, elle accusaient maintenant une chute de quatre hectopascals, signe avant coureur du retour de la dépression. Les fichiers météorologiques affichés sur le micro-ordinateur du bord indiquaient de nouveau des vents à plus de trente nœuds.


                                   Avril 2008