   L'équipage au départ de Gruissan
 Mieux vaut la position couchée pour l'estomac. 1 minute en image
 Alex a déjà compris l'usage du seau.

On passe entre entre l'anticyclone et la dépression
1 minute en image  Barcelone
 Pollença : Ile de Majorque
 Un chaud soleil sur Majorque....enfin
Sans rentrer dans les détails techniques qui n'intéresseraient que les spécialistes du "routage", voici ce que nous eûmes dans les faits pour 110 milles à couvrir:
- 08h : Départ : vent nul....moteur - 10h : vent force 4. Toutes voiles sorties - 12h : vent force 6. Grand voile réduite - 13h : vent force 7. Grande voile réduite, Voile d'avant rentrée, petite voile d'avant sortie. - 14h : vent force 8. Grand voile réduite au maxi, petite voile d'avant. Houle importante. - Equipiers "indisponibles" - Vitesse établie 8,5 nœuds. Le skipper s'interroge: Si la force du vent se maintient et si les creux des vagues dépassent les 3 mètres, alors que Camerone fait route par le "travers", ne serait t-il pas plus prudent de se mettre "en fuite" ?. C'est à dire aller dans le même sens que le vent. Car même "Rosalie" notre nouvelle éolienne, ne sait plus où donner de la pâle. Le vent fournira la réponse. - 15h : vent force 4 : Toutes voiles sorties - 17h vent nul. Moteur. Bilan: 50 milles en 6 heures, 60 milles en....16 heures
| | "Raymond", notre cher pilote a pris la barre. Marcus peut initier Antoine et Alex aux premiers rudiments des savoirs- faire des équipiers par l'apprentissage des nœuds essentiels, et des manœuvres d'amarrage, indispensables lors de l'arrivée dans un port.
A proximité des côtes de Banyuls, notre première étape, le vent se renforce. La grand-voile est ferlée. Le petit port n'est pas adapté pour des unités de plus de 13m, et le premier emplacement que l'on nous attribut trop court. C'est donc le long du quai que Camerone et son équipage passeront leur première nuit. Dans le nuit, la houle berce intensément nos équipiers. Et au matin, les mines sont un peu tirées.
Marcus avait retrouvé ses reflexes et dès sept heures a réveillé Antoine et Alex par un petit sifflement que des équipiers précédents avaient en horreur.
A huit heures, les voiles sont de nouveau hautes et l'allure portante fait naviguer Camerone à plus de sept nœuds. La houle s'est accentuée. Bientôt l'estomac de nos jeunes équipiers rentre en dissidence.
Marcus observe avec circonspection le cap Creu, "le cap Horn" du marin méditerranéen . Malgré qu'il le déborde très largement, c'est toujours avec une certain appréhension que celui ci est franchi, tant sa mauvaise réputation est connue de tous les plaisanciers et souvent redouté pour les vagues qu'il soulève.
Il n'y aura donc pas de repas à midi. Alex inaugure l'usage du sceau, plus rapide que de se pencher au dessus de la filière pour se soulager de son petit déjeuner.
Au cours de l'après midi, le vent faibli, le ciel se couvre, annonçant par là même l'arrivée d'un front chaud et des vents forts pour la nuit. Nous nous amarrons dans le port de Lestartit, notre première escale en Espagne.
Ces deux premiers jours, ont montré qu'être équipier à bord d'un voilier ne se décrète pas. Que les apprentissages ne sont pas évident pour tous. Et un certain nombre d'aptitudes sont indispensables.
Le lendemain après midi, alors que les conditions météorologiques sont très mauvaises sur l'ensemble du bassin méditerranéen, nous quittons notre abris pour nous lancer en direction du capo Négro. La grand voile est réduit à son maximum, le vent souffle du nord à plus de trente nœuds. La mer est agitée. Mais le ciel est d'un bleu limpide et le soleil brule déjà nos visages. Après avoir étudié longuement les prévisions météo et suivi le déplacement des dépressions, Marcus décide de poursuivre notre descente vers le sud de l'Espagne avant que la prochaine perturbation qui va nous rejoindre la nuit prochaine, ne nous bloque sur la côte nord durant les trois jours prochains. La mer est vide, Alex est à la barre. Il a quelques difficultés pour maintenir la proue du voilier face aux violentes rafales de vent alors que Marcus hisse la voile avec l'aide d'Antoine. Bientôt la course de notre voilier devient moins erratique. La vitesse augmente alors que nous nous éloignons de la côte. Après avoir dépassé le cap Bégur, Antoine a pris la barre et Camerone dépasse la vitesse de neuf nœuds. Nous pénétrons dans le port commercial de Palamos et nous nous amarrons sur le quai en béton.
Ces trois premiers jours de navigation auront été éprouvants pour nos jeunes équipiers. Ils leur faut assimiler rapidement les techniques de base dans des conditions de navigations difficiles. Pourtant, entre les termes techniques spécifiques de la voile, les nœuds qu'il faut savoir effectuer promptement lors des manœuvres d'amarrage et les ordres du skipper souvent incompréhensibles, ils s'en sont bien sortis, mais éreintés, et le soir dès vingt et une heures c'est le silence à bord de Camerone.
Nous n'avons pas échappé aux intempéries qui ont traversé la France durant les vacances de Pâques.
Voilà bien longtemps que Camerone avait vu son pont recouvert par une couche de neige fondue qui nous atteignait lorsque nous entrâmes dans le petit port de Blanes. La mer et le ciel se confondaient dans une pâleur laiteuse. Un vent froid nous glaçait le corps. Des nuages moutonneux sur l'horizon pouvaient faire croire à une proche terre australe. Nous n'en étions toutefois pas à rechercher des icebergs. Peut être à cet instant manquait-il à bord le jeune Tito ?
Comme souvent c'est le cas dans des petits ports, les 14m de Camerone effraient le préposé de la marina, et avec de grands gestes, il nous fait comprendre qu'il n'y a pas de place pour notre unité et que l'on peut aller se......voir ailleurs. Nous tournâmes en rond quelques peu indécis, puis Marcus imperturbable et habitué à ce type de refus, glissa Camerone entre deux chalutiers le long de la jetée. Ou nous passâmes deux nuits froides entre orage et coup de vent. Le matin suivant nous reprenons notre progression vers Barcelone entre deux dépressions et les multiples bulletins météorologiques spéciaux annonçant des avis de tempête. Même comme souvent, et dès lors où l'on appréhende les techniques météo, avant le passage du front froid porteur des vents forts, c'est d'abord le front chaud avec nuages puis ciel bleu et beau soleil, puis le ciel se couvre et survient les vents violents. Nous avons donc précédé ceux ci en nous abritant dans un port à 15 milles de Barcelone. Le hasard ayant bien fait la chose, car l'endroit est sympa et le prix de la place pour le bateau moitié moins cher que partout ailleurs.
C'est à partir du port de Belis (ne chercher pas sur une carte vous ne trouverez pas) que nous nous rendrons à Barcelone en utilisant le train. Après ces quelques jours à découvrir ou redécouvrir la cité de Barcelone, une courte fenêtre météo devrait nous permettre de nous abstraire de la côte espagnole pour gagner les îles Baléares.
Que ce soit durant l'été ou le printemps, rejoindre les îles Baléares en voilier s'apparente à un exploit pour celui qui voudrait effectuer la liaison par le seul moyen de ses voiles.
Pourtant les prévisions météorologiques du matin de notre départ, nous donnaient des vents favorables pour plus de vingt quatre heures.
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