Zone de Texte:
Mai 2007
Voilier : Camerone
Skipper: Marcus
Equipiers: Tito, Maël, Jon

Parcours : Sicile- Grèce
Evénements principaux :

Mars - Avril - Mai - Juin - Juillet - août

La pluie nous a accompagnés durant notre séjour à Palerme. Comme elle fut aussi présente lors de notre dernier passage en juin 2006.

Durant ces quatre jours, nous avons parcouru les ruelles étroites, colorées et animées. Levant les yeux sur les façades  sculptées des nombreux palais et résidences historiques dont certains semblent abandonnés. Nous nous sommes aussi insérés au cœur de la veille ville, parcourant émerveillés ses ruelles étroites, surplombées de balcon avec le célèbre linge aux fenêtres et les petits paniers en osier reliés à une cordelette pour monter les courses et descendre les ordures. Nous avons passé toute une matinée dans les dédales encombrés du marché animé. Comparant les prix des poissons ici, soupesant un melon là, remplissant un grand sac de courgettes, tomates, salades, aubergines.  Bien entendu, nos pas nous ont conduit à la grande cathédrale et à ses dépendances. On ne peut rester insensible devant la majesté  de cet édifice et les appareils photos ont emmagasiné des pixels.
Et quels plaisirs pour les mélomanes que de fouler les lieux qui ont vu naitre Puccini, Verdi et bien d'autres grands musiciens italiens. Dont les frontons des palais de la musique rappellent leur œuvres.
 
 




La prestigieuse cathédrale de Palerme.



Voyage au cœur des volcans
Située à une quinzaine de milles des côtes de la Sicile, l'île Volcano est la premières du groupe des éoliennes que nous abordons. C'est aussi la plus accessible sur le plan du volcanisme. A quatre cent mètres d'altitude, un grand cratère avec sur sa circonférence de nombreuses anfractuosités d'ou jaillissent en permanence des fumerolles soufrées attire un grand nombre de touristes.qui gravissent un chemin poussiéreux jusqu'au sommet du volcan.

Après avoir mouillé dans la nuit dans la partie ouest de l'ile, l'après midi, Jon, Tito et Maël partent  à l'assaut du volcan.
Le temps est couvert et le vent souffle fort au sommet. Cela ne décourage pas   Maël qui a décidé de passer la nuit au sommet afin de gouter du plaisir d'un levé de soleil sur les îles Eoliennes. Après avoir construit un abri de pierres comme le font les bergers, il s'installa confortement pour passer une nuit froide et venteuse. Un contact radio avec le reste de l'équipage à bord, et il s'endormit dans son sac de couchage.
Le matin suivant, après avoir contourné et mouillé dans la partie est de l'île,  c'est Marcus  qui prend le chemin du sommet derrière le pas de montagnard de Tito.
Ils font rapidement le tour du cratère après avoir salué quelques touristes français puis redescendent. Bien entendu, ils ne pouvaient reprendre tranquillement la descente par le même itinéraire. C'est pourquoi, ils s'engagèrent dans les fondrières et les pierriers sur une pente abrupte en prenant le risque de se retrouver sur des aplombs de lave  infranchissables. En fait c'est surtout la végétation et les roches qui leurs créèrent des difficultés; En conclusion, ils mirent deux fois plus de temps que s'ils avaient repris le chemin de la montée.
L'après midi fut consacrée aux baignades pour les uns et à une descente au cœur du cratère par Jon pour effectuer quelques belles photos dont il a le secret.
Puis nous avons quitté notre mouillage et poursuivi notre découverte des éoliennes.



Effervescence sur Volcano
Dans le microcosme "Cameronien", l'échéance présidentielle française ne pouvait rester absente des discutions et des prises de positions. Au fur et à mesure que la date approchait, les attitudes se cristallisaient et les clivages "gauche droite" s'opéraient.
La soirée du 6 mai fut donc particulièrement animée et les tensions montaient à mesure que les aiguilles de la montre du bord se rapprochaient de 20h.
Toute l'après midi, Tito s'était assuré que nous recevions toujours correctement les émissions de France infos, la seule radio de langue française en dehors de Radio France Internationale que l'on reçoit encore en méditerranée. Une antenne extérieure fut tendue, mais elle n'améliorait pas la réception.
L'heure fatidique approchait. Tito était de plus en plus nerveux. Il tournait sans arrêt les molettes du tuning pour améliorer la réception. Mais celle ci demeurait aléatoire et disparaissait même totalement pas moments. Toutes les sources de parasites à bord du voilier furent coupées, comme le moteur du frigo. Mais l'écoute n'en fut pas pour autant meilleure. Tito continuait pourtant à s'exciter sur les boutons alors que Marcus de son côté tentait désespérément sur un deuxième poste de capter une voix française, alors que Jon imperturbable et insensible à l'ambiance électrique du carré poursuivait la lecture de son roman d'anticipation. Maël assis sur une banquette, la tête droite et le regard absent semblait attendre le verdict avec anxiété.

 

Puis nous avons quitté Palerme. Toujours avec un peu de nostalgie, mais cependant satisfaits de retrouver le grand air marin après la cohue, les encombrements et la fumée des rues de la ville.

Quelques dizaines de milles plus à l'est, nous coulons notre ancre dans la baie de Cefallu.
Cette célèbre cité antique est déjà envahie par les touristes débarqués des nombreux cars.

Zone de Texte: C'est nous
La baie de Cefallu
Cette petite cité antique est une des plus belles ville de Sicile. Et en parcourant ses rues, ont retrouve un concentré du charme et des spécificités de la  grande île.


 Ile de Volcano :Le mouillage de Porto di levante.

                                      l'île de Volcano


                                      l'île de Salina

Passant de FRI à France Infos, c'est finalement cette dernière qui nous délivrera de notre transe.
- Le nouveau président est....Nicolas SARKOZY.
Un cri, un hurlement, une clameur, une douleur. C'est Tito.
- Non c'est pas possible, pas lui.
Et puis il s'effondra sur la table à carte sous sa casquette camouflée.
Marcus ne put difficilement cacher sa satisfaction, alors que Maël n'émettait aucun son, mais son visage était fermé presque blanc malgré son bronzage.
Jon avait levé la tête de son livre.
- C'est qui qu'a gagné ?
La radio continuait d'égrener des chiffres.
Notre skipper, s'il était lui même satisfait de l'accession à la présidence du pays de N.Sarkozy, était malheureux pour son jeune équipier. Il comprenait ce que pouvait ressentir un jeune de vingt ans dont le cœur est plein de générosité et de bons sentiments, mais aussi d'utopisme et de candeur  dont les espérances et les aspirations  avaient été fauchées en quelques instants.
Comme ils se l'étaient promis, tout notre équipage a fêté cette élection présidentielle, et quel que fut son vainqueur, par un bon verre de vin de Bourgogne et une coupe de champagne.
Et puis demain fut un nouveau jour pour tous les équipiers rassemblés dans un même élan dynamique avec une même passion, pour que la proue de Camerone fende de nouveau la mer vers de nouveaux rivages.
 

Une visite rapide de Palerme

.

Continuant à parcourir le chapelet des îles volcaniques, nous mouillons présentement devant la petite  ville de Lipari dans l'île du même nom.
Compte tenu du peu de place pour mouiller et alors que celles ci sont occupées par des voiliers, nous nous amarrons façon "banaméenne", c'est à dire: Une ancre à l'avant et une amarre à l'arrière que l'on porte à terre. En l'occurrence ce sera aux pieds de la route en surplomb.
L'environnement n'est pas très beau, mais l'on est satisfait de n'être pas trop loin de la ville.
La capitale des îles Eolienne nous permet de faire un avitaillement conséquent, bien que les prix des denrées augmente de façon exponentielle en rapport de l'éloignement de Palerme.
Comme c'est maintenant son habitude, l'amoureux des montagnes  qu'est Maël part sac au dos faire une visite aux sommets de l'île, Alors que les autres équipiers après avoir visité la ville et sa cathédrale décident de louer des vélo le lendemain pour mieux découvrir les décors verdoyants de leur île.

Voyage au bout du pédalier.
( Récit de l'équipier Jon)
Il n'y avait rien de plus adapté pour s'enfoncer dans l'ile de Lipari qu'un VTT (Vélo Tout Terrain). Et je dois dire à la fin de cette journée que ce vélo pour moi et mes jambes n'a jamais aussi bien porté son nom de "tout terrain". Car c'est bien de tout terrain qu'il a été question dans notre périple sur cette île accidentée.
Tout d'abord, je tiens à préciser les points suivants :
- Mon VTT a passé plus de temps sur mon épaule que moi sur sa selle.
- Sur un parcours de quatre heures, on en a passé plus de trois à grimper.

Et donc, nous voici, Tito, Marcus, Moi et mes dreadlocks lancés à l'assaut du volcan.
Je roule en tête suivi de Tito, Marcus qui n'a pas encore assimilé le fonctionnement des différents dérailleurs de son vélo ferme la marche. Nous avons à peine parcouru quelques centaines de mètres, que nous nous engageons sur un petit chemin empierré qui grimpe à près de 45%, et  qui, selon la photographie d'un plan prise par Tito doit nous emmener au sud de l'ile.

Je démultiplie mes vitesses à la fois sur le pédalier et sur le dérailleur. Les premières gouttes de sueur apparaissent. J'ai encore le souffle court et les deux parts de pizza  de midi sur l'estomac obèrent mes capacités physique.

J'ai beau regarder la pignonerie de mon cycle,  je ne plus rien réduire de ce qui pouvait l'être. Je finis par mettre pieds à terre. ( je mets un S à pieds, car c'est les deux que je pose à terre.
Bientôt le petit raidillon après avoir longé de magnifiques falaises qui surplombent  une mer bleue se transforme en piste puis en layon guyanais que nos vélos ouvrent  à la façon de bulldozers
Marcus qui a retrouvé là tout son savoir faire d'ancien broussard est en tête avec son vélo sur l'épaule, suivi du jeune Tito tout à son affaire dans ce genre d'exercice.
On en fini pas de monter, d'escalader. Je pousse, je tire, je porte ce sacré vélo.
Qu'es ce que je fais là. Je pense à mon petit voilier qui se balance en bas et à ma douce couchette qui m'attend.
Je n'en peu plus. je suis maintenant seul et plus une goutte d'eau dans ma bouteille. Je progresse de plus en plus lentement, couché sur le vélo quand je peux encore pousser celui ci. J'ai les dreadlocks qui se prennent dans le dérailleur. Je n'avance plus et cette satanée bécane qui est de plus en plus lourde.
Ha, je comprends, j'ai les deux roues crevées. C'est la cata  Et bien mon cher Jon, je crois que c'est la fin du voyage. Je suis à bout. Je me suis assis sur un rocher totalement abattu.
Et puis un sursaut s'opère en moi.
- Allons Jon, reprend-toi, un mazamétain ne renonce jamais.
A cette idée, mes forces se décuplent et en quelques bonds, j'atteins le sommet où mes équipiers m'attendent.
Les réparations effectuée