Continuant à parcourir le chapelet des îles volcaniques, nous mouillons présentement devant la petite ville de Lipari dans l'île du même nom. Compte tenu du peu de place pour mouiller et alors que celles ci sont occupées par des voiliers, nous nous amarrons façon "banaméenne", c'est à dire: Une ancre à l'avant et une amarre à l'arrière que l'on porte à terre. En l'occurrence ce sera aux pieds de la route en surplomb. L'environnement n'est pas très beau, mais l'on est satisfait de n'être pas trop loin de la ville. La capitale des îles Eolienne nous permet de faire un avitaillement conséquent, bien que les prix des denrées augmente de façon exponentielle en rapport de l'éloignement de Palerme. Comme c'est maintenant son habitude, l'amoureux des montagnes qu'est Maël part sac au dos faire une visite aux sommets de l'île, Alors que les autres équipiers après avoir visité la ville et sa cathédrale décident de louer des vélo le lendemain pour mieux découvrir les décors verdoyants de leur île.
Voyage au bout du pédalier. ( Récit de l'équipier Jon) Il n'y avait rien de plus adapté pour s'enfoncer dans l'ile de Lipari qu'un VTT (Vélo Tout Terrain). Et je dois dire à la fin de cette journée que ce vélo pour moi et mes jambes n'a jamais aussi bien porté son nom de "tout terrain". Car c'est bien de tout terrain qu'il a été question dans notre périple sur cette île accidentée. Tout d'abord, je tiens à préciser les points suivants : - Mon VTT a passé plus de temps sur mon épaule que moi sur sa selle. - Sur un parcours de quatre heures, on en a passé plus de trois à grimper.
Et donc, nous voici, Tito, Marcus, Moi et mes dreadlocks lancés à l'assaut du volcan. Je roule en tête suivi de Tito, Marcus qui n'a pas encore assimilé le fonctionnement des différents dérailleurs de son vélo ferme la marche. Nous avons à peine parcouru quelques centaines de mètres, que nous nous engageons sur un petit chemin empierré qui grimpe à près de 45%, et qui, selon la photographie d'un plan prise par Tito doit nous emmener au sud de l'ile. Je démultiplie mes vitesses à la fois sur le pédalier et sur le dérailleur. Les premières gouttes de sueur apparaissent. J'ai encore le souffle court et les deux parts de pizza de midi sur l'estomac obèrent mes capacités physique.
 J'ai beau regarder la pignonerie de mon cycle, je ne plus rien réduire de ce qui pouvait l'être. Je finis par mettre pieds à terre. ( je mets un S à pieds, car c'est les deux que je pose à terre. Bientôt le petit raidillon après avoir longé de magnifiques falaises qui surplombent une mer bleue se transforme en piste puis en layon guyanais que nos vélos ouvrent à la façon de bulldozers Marcus qui a retrouvé là tout son savoir faire d'ancien broussard est en tête avec son vélo sur l'épaule, suivi du jeune Tito tout à son affaire dans ce genre d'exercice. On en fini pas de monter, d'escalader. Je pousse, je tire, je porte ce sacré vélo. Qu'es ce que je fais là. Je pense à mon petit voilier qui se balance en bas et à ma douce couchette qui m'attend. Je n'en peu plus. je suis maintenant seul et plus une goutte d'eau dans ma bouteille. Je progresse de plus en plus lentement, couché sur le vélo quand je peux encore pousser celui ci. J'ai les dreadlocks qui se prennent dans le dérailleur. Je n'avance plus et cette satanée bécane qui est de plus en plus lourde. Ha, je comprends, j'ai les deux roues crevées. C'est la cata Et bien mon cher Jon, je crois que c'est la fin du voyage. Je suis à bout. Je me suis assis sur un rocher totalement abattu. Et puis un sursaut s'opère en moi. - Allons Jon, reprend-toi, un mazamétain ne renonce jamais. A cette idée, mes forces se décuplent et en quelques bonds, j'atteins le sommet où mes équipiers m'attendent. Les réparations effectuées, nous filons très vite vers la mer par une belle route tout en descente. C'est avec un grand plaisir que je retrouve le cockpit de Camerone et son frigo où m'attend une grande bouteille de coca fraiche. Ile de Lipari, 8 mai 2007
Jon à bord de Camerone      IIe de Lipari en VTT
 l'île de Stromboli
 Camerone au mouillage dans l'île de Panarea
A la conquête du volcan Etna 3200 mètres

 Le long de la côte Calabraise
 Premier contact avec les îles grecques
- Kalimera (Bonjour dans la langue grecque) Un jour....le vent d'ouest est re...venu, et pour nous le moment de quitter l'Italie. Peut être pour nous avoir oublié durant de si longs jours, Le dieu du vent nous pousse t-il vers la Grèce à plus de 6,4 nœuds durant les 170 milles de notre voyage à travers le golfe de Tarrento et quelques joyeux dauphins bondissent autour du voilier.
Nous pénétrons dans la petite baie de Lakka au nord est de l'île grecque de Paxos en fin de soirée. Nous sommes surpris du nombre important de voilier au mouillage. Une trentaine environ. Trouver un emplacement pour nous permettre de planter notre ancre n'est pas évident. Compte tenu de notre expérience, nous privilégions une ancre à l'avant et une amarre portée à terre. Bien nous en pris, car comme le prévoyaient nos informations météo, un coup vent eut lieu au cours de la nuit et un certain nombre de voiliers s'agitèrent devant nous. Dès le lendemain, nous gagnons la petite ville de Gaïos au centre de la côte est. Là aussi c'est "l'affluence" plaisancière. Nous tournons quelques minutes avant de trouver un créneau étroit pour nous insérer entre un bateau de croisière touristique et un voilier allemand. L'endroit est agréable, mais la présence touristique et particulièrement l'influence anglo-saxonne dénature quelque peu l'authenticité du lieu.
Poussant quelques milles plus loin, nous mouillons dans une échancrure sur la côte est du minuscule îlot d'Anti Paxos. Nous retrouvons ici toute la spécificité et la quiétude d'un mouillage sauvage. Nous prenons garde de ne pas perturber la colonie de goélands qui nidifie sur les falaises environnantes. Baignades, visite de grottes en zodiac pour les uns et exploration de l'île occupées par quelques habitants pour l'autre. En fin de soirée, alors que Maël prépare au barbecue comme il sait bien le faire, le poulet du diner, Tito, se rappelant qu'il a été surveillant de cantine scolaire, intervient courageusement à bord du zodiac toutes pagaies dehors pour sauver un jeune goéland sauvagement agressé par l'un des siens.
Vers minuit alors que le silence n'est troublé que par le ressac de la mer sur la grève et que la lune entame sa longue route vers l'est, une ombre s'active dans le cockpit de Camerone. Et puis furtivement celle ci se déplace sans un bruit vers les cabines avant. Elle se tourne vers la cabine de Tito. Celui ci dort serein le visage reposé. Pense t-il un instant à ce qui va se produire dans quelques secondes et va bouleverser son sommeil ? - Allez, debout, sur le pont, on part. Un cri plus qu'un murmure. C'est Marcus, qui en mal d'insomnie ou de plaisir au clair de lune décide de lever l'ancre pour rejoindre la Grèce continentale. L'équipage a dorénavant l'habitude de ces départs en pleine nuit alors que les vents de la côte viennent de se lever. Et c'est un plaisir (à ne pas confondre avec sadisme) pour le skipper de les voir tout à la préparation du départ dans un silence total, avec des gestes assurés et sans précipitation. Sans un ordre, chacun à sa manœuvre et bientôt discrètement Camerone, tiré par sa seule voile d'avant quitte son mouillage.
Dans une vingtaine de milles, ce sera le quai de la ville de Preveza.
A suivre.....sur les traces d'Ulysse, vers Corinthe
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| | L'île de Salinas, tout de suite au nord de Lipari est la plus luxuriante de l'archipel. Camerone est amarré dans le petit port de Santa Marina et regarde toute la journée l'entrée et la sortie incessantes des ferrys, ravitailleurs et autres hydroglisseurs qui abordent l'ile. Il ne nous est pas possible de nous ravitailler en eau douce. Nos réservoirs baissent rapidement. Le manque d'eau sur ces îles volcaniques est flagrant. Et c'est des navires qui approvisionnent quotidiennement ces îles. Pour nous autres plaisanciers, l'avitaillement en vivres frais devient aussi problématique, d'une part les sources d'approvisionnement sont très limitées et d'autre part les prix élevés. Pour exemple, le kilogramme de tomates, étalon de référence de notre skipper avitailleur a fait un bond de 300% depuis les côtes de Sicile.
 L'envol de l'équipier depuis les falaises de l'ile de Panarea
Incurvant vers le nord est notre route, poussé par la houle et une brise thermique, nous mouillions dans la jolie et déserte baie de Junca dans l'île de Panaréa. Nous explorons les crêtes volcaniques et les vestiges d'un village antique, avant d'effectuer de longues baignades pour nous rafraichir jusqu'à ce que Tito ne vienne frôler de trop près une belle méduse qui lui laisse un souvenir brûlant et marquant sur l'épaule. Un court arrêt dans le petit village de San Piétro pour constater que le seul robinet du ponton ne délivre qu'une eau salée et nous mettons le cap sur la célèbre île du volcan Stromboli. Nous continuerons donc à faire la vaisselle à l'eau de mer
Nous nous trainons à moins de deux nœuds, et c'est dans la nuit que se pose le problème de notre mouillage au pied du volcan devant le village de San Vincenzo. Les fonds, à cinquante mètres de la côte atteignent déjà quarante mètres et donc, pas de possibilité d'y accrocher son ancre. Après différents essais infructueux, nous réussissons cependant à crocheter un fond tout en nous amarrant à une bouée que nous quitterons le lendemain après que l'on nous demandât 25€ pour y rester accroché. Tôt le matin. (9h pour Jon), Marcus et Jon prennent le chemin du cratère que l'on voit fumer et éructer à plus de 900m d'altitude. Ayant parcouru un tiers d'un chemin bien balisé, ils tombent sur une barrière métallique, matérialisant une interdiction de s'engager plus en avant vers le sommet. Faisant fi de cet interdit, nos deux vulcanologues poursuivent leur ascension. A peine ont-ils gravi quelques centaines de mètres qu'ils sont interceptés par des personnels chargés de la surveillance du volcan et qui leur signifient de faire demi tour. Ils redescendent et reprennent un autre itinéraire plus à l'ouest qui contourne le volcan jusqu'à une seconde barrière et une nouvelle interdiction de franchir. De cet endroit, ils peuvent toutefois observer les arrêtes déchiquetées du Stromboli et surtout l'immense glacis où vient glisser jusqu'à la mer la lave en fusion des fréquentes éruptions. De retour sur le voilier, un peu dépités, nous relevons l'ancre alors qu'un léger vent souffle vers le sud et les côtes de la Calabre notre prochaine escale.
 Les voiles en "ciseaux" Les premiers milles sont parcourus sur une mer plate à la vitesse de trois nœuds. Nous ne sommes pas pressés. Cependant, à la tombée de la nuit, entre chiens et loups, le peu de vent qui maintenait nos voiles gonflées nous abandonne, nous laissant immobile sur une mer d'ancre. Sans moteur, nous affalons toute la voilure et nous nous laissons dériver, en souhaitant que ce fut dans la bonne direction. Vers deux heures du matin une brise légère nous permet de hisser la voile d'avant. Nous sommes satisfaits de constater que le GPS nous indique que nous sommes à la même position qu'en fin de journée. Nous atteignons péniblement le port Calabrais de Bagnara en fin de journée. Il nous aura donc fallu plus de trente heures pour parcourir 40 milles. Ce qui fait baisser notre moyenne générale. Et pour arriver dans ce qu'il convient d'appeler un port peu reluisant. Malgré l'aspect peu ragoutant du lieu, fatigués, nous nous insérons entre le seul voilier présent et un bateau de pêche local. Là aussi, pas moyen de se réapprovisionner en eau. Les opérations habituelles d'amarrage effectuées, nous décidons de gagner la ville à quelques minutes de là pour manger notre première Pizza en terre calabraise. Comme cela se produisit il y a un an, après que Camerone eut abordé la Calabre, la première impression quand nous pénétrons dans la ville est déprimante. Nous parcourons les rues tristes, vides et sans charme à la recherche d'une hypothétique pizzéria que l'on mettra une heure à découvrir. Nous nous consolerons après avoir absorbé deux bouteilles d'un excellent vin choisi par Tito. Dès le lendemain sept heures, après avoir bien étudié les différents horaires des marées et des courants, nous nous présentons devant l'entrée du détroit de Messine. Le ciel est bleu, la mer plate, un vent léger souffle du nord. Des conditions idéales qui ne rassurent cependant pas notre skipper qui ne souhaite pas renouveler son expérience passée. Après quelques milles, alors que notre vitesse augmente constamment pour atteindre près de neuf nœuds, Marcus est rassuré. Nous laissons le grand port de Messine sur notre tribord et plus bas Reggio di Calabre sur bâbord. En début d'après midi, notre ancre s'accroche dans une petite calanque rocheuse au bord d'une plage de galets aux pieds de la célèbre cité de Taormina. Extrait du journal de bord de juin 2006
"Cette petite ville de la Sicile surnommée :"le Saint tropez sicilien" peut assumer la comparaison, par sa fréquentation touristique. Mais Taormina c'est surtout son héritage historique. Son histoire remonte à l'an 358 avant Jésus Christ et ses antiquités architecturales sont très présentes. On peut visiter entre autres son théâtre antique. Bien entendu cette cité a subi bien des assauts et elle fut en partie détruite par les arabes. Maintenant ce charmant petit bourg, est entièrement dédié aux touristes, qui peuvent admirer ses petites rues et ses monuments historiques. On peut regretter cependant que soient venus se greffer tout ces commerces connexes mercantiles qui n'ont rien à proposer comme produits locaux."
Voilà plus d'une semaine que les vents réguliers sont absents. Nous ne pouvons nous déplacer qu'en comptant ponctuellement sur les brises thermiques. C'est pourquoi les équipiers ont assimilé les départs brusques des mouillages commandés par le skipper dès qu'un mince souffle de vent survient. Et cela se produit souvent en pleine nuit et donc en plein sommeil des équipiers. Aujourd'hui, nous nous sommes amarrés à quatre heures du matin sur un des pontons de la marina du port de Riposto. Cela fait trois semaines, que nous ne sommes pas entrés dans une marina, et nous avons de gros besoins en électricité pour recharger ordinateurs, MP3 et batteries du voiliers très sollicitées. Mais aussi d'une bonne douche à l'eau chaude. Le bateau, après son séjour dans les éoliennes a aussi bien besoin d'être nettoyé. Et la matinée y est consacrée.
Depuis deux jours, nous avons en vision sur notre tribord les pentes enneigées de l'Etna. Et la question récurrente à bord est : Pourrons nous atteindre le sommet du cratère ?
C'est donc à une vingtaine de milles de là que nous touchons notre dernière escale en terre sicilienne: le grand port industriel de Catania. Cette cité fut en partie submergée par les coulées de lave du volcan Etna en 1669 et 1698. Nous arrivons à la tombée de la nuit et nous nous amarrons sur un bout de quai devant un chantier naval entre des bateaux de pêche, délaissant les différentes marinas qui nous accueillent bien volontiers pour 50€ par jour. Etant le seul voilier sur ce quai, nous nous attendons à être éjecté dès le lendemain matin, mais arrivés le samedi, nous en partirons le lundi. L'endroit n'est pas très convivial. Pas d'eau, de sanitaires et encore moins de borne électrique. Et sur le quai, quelques gros cafards mandibules en alerte, semblent rechercher une passerelle qui les conduirait jusqu'à notre cambuse.
Cette étape, et bien que la ville soit à l'image de Palerme une cité pleine de charme et de vie, a pour objectif la conquête du volcan Etna. Et dès le lendemain matin, aux aurores, Maël, Tito et Jon, équipés tels des montagnards embarquent dans le car qui les conduira jusqu'à 1500m d'altitude au pied du volcan. Malheureusement pour nos équipiers, la présence de la neige qui ralentit leur ascension, et le fait de devoir être redescendu pour reprendre le car dès 16h les empêchent d'atteindre le cratère principal. C'est un peu dépités et frustrés pour n'avoir pu vaincre le monstre fulminant, qu'ils regagnent le bateau, mais quand même des images plein les yeux. *** A l'instant où s'éloignent les côtes de Sicile et que se profilent les îles grecques, il convient de laisser nos équipiers exprimer leurs impressions sur leur séjour en Sicile à l'aune de leur sensibilité.
MAEL : "- La Sicile, c'est la quintessence de la beauté à l'état naturel. Le feu des volcans et la neige de l'Etna. L'eau turquoise des mouillages et les criques sauvages. Le vent des îles Eoliennes et leurs sommets rugueux. Les glaces au chocolat fondantes, savoureuses et délicieuses comme les siciliennes."
JON : "- Capitale magistrale, Iles d'idylle. Etre les rois de Trapani jusqu' au sommet de l'Etna sur les mers où Eole rigole, soufflant sa pétole."
TITO : "- Une étroite ruelle fleurie où à chaque fenêtre le linge pendu agite sa douce fraicheur et embaume l'air de mille senteurs de lessive. Tout au fond là-bas, immobile, la petite église blanche, et derrière, dominant, imposant, le maitre des lieux, assis entre ciel et mer, qui paisiblement fume dans la quiétude du mois de mai. Sicile envoûtante." *** Les coffres de nouveau pleins après notre passage à l'hyper "Auchan" et le frigo rempli avec le poisson et la viande du marché, nous quittons Catania en fin d'après midi pour bénéficier de vents favorables annoncés par la météo. Jusqu'à la tombée de la nuit, ce sont des vents thermiques qui nous poussent au large. Puis ceux-ci nous abandonnent nous laissant totalement déventés et immobilisés sur la mer d'huile. Sans nous incommoder, nous nous satisfaisons de cette situation et comme nous en avons dorénavant pris l'habitude, nous affalons les voiles et laissons le voilier dériver. Après le diner, les quarts se succèdent bien que nous soyons en panne de vent, mais la zone est très fréquentée par les cargos et les barques de pêche pour ne pas faire preuve de vigilance. Vers quatre heures du matin, alors que Marcus assure son quart depuis une heure, un souffle venu du nord fait rider l'eau autour de Camerone. Rapidement, toutes les voiles sont hissées et la proue du voilier fend de nouveau doucement l'eau devant lui. Ce qui n'était qu'un souffle salvateur devient rapidement un vent soutenu, puis un fort coup de vent avec des rafales à plus de 35 nœuds. Voilà quelques semaines que nous n'avions subi une telle virulence du vent, et le carré est rapidement mis sans dessus dessous. Les livres de la bibliothèque lors d'une gite plus importante sont projetés sur le plancher et "la longue route" de Bernard MOITESSIER vient s'enficher dans les pages de "mettre les voiles" d'ANTOINE. Les équipets se vident de leur contenu. Les derniers verres miraculeusement conservés intacts se brisent. La cabine de Tito, rangée lors d'une escale a retrouvé son aspect habituel, où chaque chose, chaque affaire a recouvré sa position favorite: en vrac sur le plancher. Il faut très vite réduire les voiles. Nous rebondissons sur les vagues couvertes d'écume blanche. Camerone fortement gité file à plus de 8 nœuds. A six heures, alors que le voilier s'appuyant sur sa trinquette (petite voile d'avant) s'est redressé et continu de foncer grand train, Jon, les dreadlocks en bataille apparait dans la descente du roof. - Ca fait plaisir ce vent après des semaines de pétole, on a retrouvé de vraies sensations de marin, dit-il l'air enjoué et heureux, bien qu'il n'ait pas dormi de la nuit, accroché à sa couchette. Les côtes de la Calabre grossissent rapidement. Tito est à la barre, Maël est enfermé dans sa cabine. Les déferlantes se succèdent sur le pont. Et puis aussi rapidement qu'il est apparu, le vent faiblit puis s'essouffle totalement alors que nous approchons du "talon de la botte italienne". De guerre lasse et de fatigue, nous lâchons notre ancre à quelques centaines de mètres du phare de Spartivento et nous reprenons nos activités favorites: Sieste, baignade, Scrabble et "apéro", dans l'attente d'un souffle salutaire qui nous poussera vers les côtes grecques et plus particulièrement celles de l'île de Paxos au sud de Corfou. Mais Eole semble nous abandonner. Et nous décidons de poursuivre notre remontée de la côte est de la Calabre à la force des vents côtiers quand ceux ci veulent bien souffler quelques heures par jour. C'est donc de quelques milles par jour que nous nous déplaçons, longeant de très près la côte sablonneuse peu profonde, plantant notre ancre devant une côte déserte dès que la dernière brise abdique. Nous remontons ainsi jusqu'au port de Roccella ionica. Nous nous amarrons sur un ponton à côté d'un voilier français. Cet endroit procure une sensation étrange d'abandon et quelques films de fin du monde nous viennent à l'esprit. Pourtant, il a tout d'une marina pour voiliers de plaisance: pontons, bornes d'eau et électrique, bien que hors service. Et son cadre est agréable avec des espaces de verdure, de grandes allées bien entretenues. Mais pas de personnel de servitude et chaque bateau arrivant s'attribue une place qu'il conserve le temps qui lui convient. Par la suite et devant l'étrangeté de la situation pour nous autres pauvres marins plus habitués à notre arrivée dans une marina à voir surgir un préposé les yeux en forme de caisse enregistreuse, nous apprendrons que cette marina fut construite par la mafia calabraise pour servir ses besoins, mais la justice est intervenu et donc la marina est depuis quelques années en déshérence. Par contre, la pizzéria qui est la seule activité du lieu sert une pizza "au mètre" que nous avons savourée avec délice.
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 L'ile de Paxos

 La toute petite île d'Anti Paxos
La suite : Journal de juillet
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