| Des mouillages fabuleux Après l'effervescence de la ville, son quai encombré et bruyant, nous reprenons notre errance vers le sud en longeant les côtes de la Grèce continentale. A à peine une dizaine de milles, nous nous engageons dans une baie très édentée de l'île de Meganisi Cet étroit plan de navigation entre l'ile et le côte grecque est très fréquenté par la plaisance de location car les conditions de vent sont souvent excellentes et les nombreux mouillages remarquables de beauté et de calme. Celui dans lequel nous mouillions l'est tout aussi. Une côte verdoyante de fraicheur, de faible hauteur, bordée par une petite plage de fins galets blanc et une eau d'une exceptionnelle transparence font de cet endroit exempt de toute construction un morceau de paradis.
Notre escale suivante est l'île d'Ithaque, rendu célèbre par les aventures d'Ulysse. Mais les dieux ne furent pas avec nous car une bourrasque de pluie nous accueilli à notre arrivée dans la petite ville de Vathi. Nous avons quitté Ithaque. Point de trace du grand voyageur. Nous nous sommes engagés dans le golfe de Patras. Nous avons apponté dans la petite marina de la grande ville tôt le matin, alors que les boulangers grecs viennent de sortir de leur fournil les énormes croissants chauds qui arriveront sur la table du carré.
La troisième ville grecque ne nous laissera pas un souvenir inoubliable. Nous n'y avons rien vu de particulier, si ce n'est que nous avons assisté à un meeting du KKE (parti communiste grec) pour le groupe de musique rock qui s'y produisait.
Donc, les pleins effectués, eau, électricité et surtout les vivres grâce au magasin Lidl, nous quittons le port de Patras et nous nous engageons en direction de l'est. A quelques milles, nous devons passer sous l'immense pont autoroutier qui relie la Péloponnèse à la Grèce continentale. Cet ouvrage de plus de deux kilomètres de long et de quarante mètres de haut est impressionnant vu à partir du voilier. Nous prenons contact avec les autorités de régulation du passage comme le prévoient les instructions reçues à Patras. On nous précise sous quelle pile nous devons passer et on nous précise que l'on doit utiliser le moteur du bateau. Bien entendu, nous passerons à la voile et sans moteur. On n'est pas français pour rien... Pour le moment, nous avons un fort vent dans le "nez" et celui ci semble s'intensifier au fur et à mesure que l'on s'approche du pont dont on aperçoit déjà de très loin la forêt de haubans. Nous nous approchons par bords successifs. Encore une fois, la mer méditerranée ne nous aura pas déçus. En effet, après que Tito eut consciencieusement étudié les cartes météorologiques et ses courbes isobariques, que celles ci indiquaient des vents faibles d'ouest et que nous quittions Patras dans une légère brise, nous voilà pris dans un vrai coup de vent et que l'aiguille de l'anémomètre tangente les quarante nœuds. Il faut rapidement réduire toute la voilure et même substituer à la voile d'avant une voile plus petite que l'on appelle trinquette. Camerone, comme il a dorénavant l'habitude s'incline sur ses bords. Nous filons à plus de huit nœuds. A 13h 30, le mât de vingt mètres de Camerone passe sous les arches du pont de Patras. Nous avons la tête levée. les pixels s'incrustent dans les appareils photos. Puis les bords se succèdent. Le déjeuner est rapidement expédié avec une salade mixte, de la charcuterie et des fruits. Au fur et à mesure que le golfe s'élargit, le vent diminue d'intensité, mais nous préférons faire halte pour la nuit sur la minuscule île de Trizonia au lieu de poursuivre notre route face au vent. Après avoir contourné un banc rocheux, nous pénétrons dans le petit port, formé d'une digue en béton qui fait aussi fonction de quai, et de trois autres pontons où sont amarrés de nombreux bateaux dont certains semblent finir ici leur vie et que d'autres attendent des jours meilleurs. Nous éprouvons quelques difficultés à cause de la force du vent pour apponter. Finalement, Camerone, solidement amarré à son ponton, nous partons à la découverte du minuscule îlot de sérénité où on ne détecte la présence d'aucun véhicule*, laissant Maël griller le saumon sur le barbecue.
 Aujourd'hui c'est dimanche. Le vent est tombé. L'eau est plate comme un miroir et les quelques maisons environnantes viennent s'y refléter. Tito et Jon dorment encore. Maël, coiffé de son habituel chapeau et sa théière en main est parti faire de la photo. Nous sommes dans l'attente du vent d'ouest salvateur pour poursuivre notre route vers Corinthe et son canal.
Extrait du journal de bord de Marcus "- Le jour était levé depuis une heure, mais le soleil n'apparaissait pas encore derrière la colline boisée. Les quelques maisons regroupées autour du quai étaient dans la pénombre. Je sortis du bateau au moment où une grosse barque de pêcheurs vint s'accoster à notre quai. Je m'asseyais dans le cockpit, ma tasse de café chaud dans la main et observais intéressé, le travail des huit marins du bord. Ceux-ci s'activèrent sur le déroulage de leur long filet dont ils vérifiaient chaque maille. Cette opération effectuée et les filets de nouveau enroulés et prêts à être chalutés, le patron pêcheur procéda à la répartition des cagots de poissons entre les membres de l'équipage, chacun repartant alors avec sa part. Alors que je m'apprêtais à quitter le bord pour une ballade matinale, le patron du chalutier vint vers moi et me remit sans un mot un sceau à demi rempli de poissons. Je transférais cette pêche miraculeuse et qui eut ravi Tito, notre pêcheur du bord, dans un de nos récipient, et en rendant son sceau au généreux patron le remerciais comme je pus. - Kaliméra ....(Bonjour en Grec), Efcharisto (Merci). Les poissons au frigo, je me dirigeais vers le quai principal, là où sont situées les quelques habituelles tavernas. Pas un bruit ne perturbait le silence presque oppressant de l'île. Je marchais précautionneusement comme pour ne pas troubler ou rompre cette harmonie ou cette ataraxie perçues, entre l'éveil de la vie et la nature. J'atteignis la minuscule placette jouxtant le petit quai où étaient amarrés quelques barques de pêche. Je m'asseyais quelques minutes pour écouter le silence et regarder la vie devant moi. Celle ci s'animait doucement. Un chien, le museau baissé passa devant moi. Un veille femme, le dos vouté balayait devant sa porte. Un bateau passait au large en fendant l'eau devant lui telle un voile d'argent. Je me levais et poursuivais ma balade sur l'île espérant qu'une piste me permettrait dans faire le tour. Je longeais d'abord la minuscule église jouxtant le cimetière, comme cela se retrouve en France, puis m'engageais dans une piste côtière, qui rapidement quitta la côte pour grimper vers le sommet.. Je ramassais une badine pour parer les toiles d'araignées dont je rompais les fils à mon passage. J'atteignis rapidement le crête de l'île et admirais les paysages encore verdoyants des côtes continentales toutes proches et après avoir rejoint l'extrémité sud de l'île, la vue sur le pont de Patras à près de vingt kilomètres. Mais au fur et à mesure que j'avançais, le paysage autour de moi se modifiait. La végétation composées d'arbustes et d'arbres dont beaucoup d'oliviers , avait laissé place à une espèce de broussaille épineuse. La terre rocailleuse semblait avoir été retournée. J'observais intrigué cette transformation de l'environnement et remarquais également qu' émergeaient du sol ça et là des sacs plastiques et des déchets ménagés. Je poursuivais mon chemin quelque peu interloqué par mes découvertes, quand après avoir de nouveau escaladé un raidillon, je tombai sur une décharge à ordures à ciel ouvert. Je restai surpris un instant et contemplais interloqué cet amoncellement de déchets, mais rapidement contournais le dépôt ordurier pour m'éloigner rapidement de ce lieu immonde et malodorant. Tout en continuant sur la piste dont les abords étaient parsemés de débris que le vent avait poussé, je constatais en regardant la terre bouleversée par le passage des bulldozers dont on distinguait encore quelques traces que je marchais sur une immense décharge publique, enterrée sous un bon quart de cette île. Je fus triste et même déçu, tant ce petit joyaux de quiétude et de sérénité m'avait séduit. Bien entendu ces ordures devaient provenir des villages continentaux, Je revenais rapidement au port. Le soleil était haut au dessus des mâts des bateaux. Je m'asseyais de nouveau à la terrasse déserte d'une taverna et commandais un yaourt grec. Je savourais ce produit local en repensant à ma découverte en me demandant comment les hommes avaient pu ainsi salir ce petit îlot de nature que j'avais cru un instant préservé des méfaits de la société de consommation, quand la sonnerie stridente d'un téléphone portable retentit derrière moi. Je n'avais effectivement pas quitté le monde d'aujourd'hui."
Marcus : Ile de Trizonia : 8 juin 2007
Dès six heures le lendemain matin, nous nous déhalons de notre quai et reprenons notre route. Notre objectif: atteindre le port de Corinthe et nous engager dès le lendemain matin dans le célèbre canal qui relie la mer Egée à la mer Ionienne. Le vent est faible et nos voiles en viennent rapidement à pendre déventées au bout de leurs drisses .
Extrait du journal de bord de Maël - "La journée est belle, le vent faible nous pousse dans la bonne direction, après manger, accablé de chaleur, je me mets à l'eau pour nager un peu derrière le bateau, je prends la précaution de laisser trainer une amarre derrière, histoire de pouvoir remonter si jamais celui ci accélère. Je sais bien que si je me fais distancer, je vais imposer une série de manœuvres à Marcus et m'exposer à son courroux, et cela risque de me couter cher en chocolat!!! Bref me voila dans l'onde pure faisant quelques brasses, le nez dans le gouvernail pour profiter de l'aspi, jusqu’à ce que épuisé je cherche mon fil d'Ariane pour me reposer un peu. Et là malheur, pas de corde, rien, et le bateau qui file, et là pendant quelques secondes dans ma tête c'est la merde, ''aurais-je mal attaché la corde? '' Puis, "je vais me faire éclater par Marcus!!" 1 seconde plus tard : "et maintenant qu'est ce que je fais?" rattraper le bateau, c'est utopique... La côte n’est pas loin et j'y arriverais surement à la nage, mais de quoi j'aurais l'air, arrivant sur la plage, dans le plus simple appareil (car j'aime bien me baigner à poil, mais là je regrette…) ne parlant finalement que français, et devant expliquer la situation aux autochtones... Je ne vous fais pas de dessin la situation est cocasse!!! Finalement je repère la bouée fer à cheval (elle est placée a l'arrière du bateau et on la jette rapidement à la mer si quelqu'un tombe à l'eau, elle est équipée d'un phare pour la nuit) à quelques dizaines de mètres de moi, bon c’est cool, ils ont du me voir, et en effet je vois le bateau déjà fort éloigné en train de manœuvrer. Bon, j'évite l'exhibition sur la plage, mais ma réserve de chocolat va y passer!!! Finalement Marcus hilare me récupère, il a décidé que cela ferait un bon exercice d'homme à la mer, et puis c'est plus réel avec un vrai cobaye, décidément la légion ça esquinte grave!!! tout est bien qui finit bien et c'est moi, sous prétexte de me remettre de mes émotions qui avale une demie tablette de Milka devant les yeux de Marcus, médusé." Maël : quelque part au milieu du golfe de Corinthe : 11 juin 2007.
Nous lâchons l'ancre devant un ville en attendant le retour d'Eole. Nous n'avons pas le temps de connaitre le nom de cette cité côtière qu'à peine deux grands pots de glace au chocolat et à la praline achetés nous repartons. La nuit est bien avancée quand nous pénétrons dans le petit port de Corinthe. Il n'y avec Camerone que deux voiliers présents, mais il n'y a pas beaucoup plus de place tant le port est minuscule. Bien que le lendemain soit un mardi et donc comme indiqué sur les guides, jour de fermeture pour entretien du canal, nous nous renseignons tant à la radio qu'auprès d'un gros voilier anglais arrivé dans la matinée pour connaitre les opportunité d'un passage ce jour. Et donc, à dix huit heures nous sommes devant l'entrée étroite du canal derrière notre voilier anglais. Nous nous engageons à plus de six nœuds dans le canal derrière deux cargos remorqués .. La traversée de ce canal, engoncé entre des parois de terre de plus trente mètres de haut et d' à peine dix de large est toujours impressionnante. Quarante cinq minutes plus tard et deux cents euros en moins dans la caisse de bord, nous sommes en mer Egée. Nous n'irons pas plus loin ce soir en direction d'Athènes. Quelques fois le célèbre vent de la mer Egée dénommé le Meltem vous accueille dès votre sortie du canal par des rafales de trente nœuds. Mais là, rien de cela. Nous libérons l'ancre devant un terminal et attendrons du vent pour repartir. Celui ci viendra dans la nuit. Bien faible, mais suffisant pour que nous atteignions Athènes dans l'après midi. Trouvez une place dans une des cinq marinas de la capitale grecque est comme d'habitude et quelle que soit l'époque de l'année une difficulté, et en fin de journée nous abandonnons cette possibilité. Camerone reprend l'emplacement qu'il occupait l'année dernière. C'est à dire à l'entrée du port de Mounikhias, juste derrière la balise rouge, le long de la digue. L'endroit est tous comptes faits pratique, près de la ville du Pirée, des magasins et du métro. Bien qu'il n'y ait ni eau ni sanitaire, il y a, ce qui est essentiel: à savoir le courant électrique après que Maël eut montré ses talents de poseur de bretelle sur un câble alimentant l'éclairage public. On est pas français pour rien....
Bien entendu, venir à Athènes, c'est monter sur l'Acropole où se situe entre autres le Parthénon. Ce que nous faisons le vendredi matin après avoir pris le métro. Il fait chaud, plus de 35° à l'ombre. Après avoir déboursé 12€ pour ceux d'entre nous qui ne sont pas étudiant ou âgé; disons très âgé eu égard à notre skipper, nous pénétrons dans le parc historique. Nous n'allons pas vous décrire et vous commenter notre périple au sein de vestiges de 2500 ans d'âge. Vous pourriez rapidement vous assoupir sur votre clavier, comme nous le fîmes sur un banc après trois heures passées parmi les bas reliefs, les statues, les amphores et les colonnes.
Que retenir de notre visite dans le temple de notre civilisation ?
- Nous n'étions pas les seuls à nous intéresser au siècle de Périclès ou à l'histoire de la déesse Athéna. A cette époque de l'année, les touristes sont déjà très nombreux à se bousculer aux pieds des temples puis à l'issue se précipiter assoiffés dans les terrasses des tavernas accueillantes.
- Il faut s'armer d'un bon guide pour comprendre l'histoire de cette civilisation. Mais nous n'avons pas trouvé celui ci.
Il faut pouvoir accepter les remontrances des cerbères en jupon chargées du respect des lieux. Maël fut vertement tancé quand il osa, oh sacrilège, photographier un nain de jardin devant le Parthénon.
* le skipper dégage sa responsabilité si des poursuites devant la justice étaient engagées à l'encontre de l'auteur de cette photo que certaines personnes pourraient juger blasphématoire et attentatoire à l'égard d'une civilisation ancienne..
A l'issue de la visite du musée, nous déambulons dans le quartier de Monastiraki où l'on trouve toutes sorte de camelots, puis déjeunons dans un restaurant grec avant de rejoindre notre voilier.
Demain nous visiterons un autre temple de la civilisation : Carrefour. On est pas français pour rien
Nous quittons notre amarrage au bout de notre quai. Direction La baie de Sounion à quelques trente milles de là. Sans vent ou alors si peu qu'il nous faudra dix heures pour rallier un mouillage au pied du temple de Poséidon. Comme nous le subodorions, la pointe sud est de la Grèce est un lieu de plaisance très fréquenté par les voiliers athéniens et les bateaux de transport de passagers qui viennent déverser leur cargaison de touristes . Durant la journée, c'est un trafic important de voiliers au moteur et de bateaux à moteur qui nous dépassent alors que nous nous déplaçons souvent à moins d'un nœud. Mais l'on se dit que s'il n'y avait qu'un seul voilier à la voile nous serions celui là. Nous finissons par arriver à la tombée de la nuit et nous nous glissons parmi tous les voiliers au mouillage. Après une bonne nuit de sommeil, à six heure du matin, nous nous élançons sur la piste qui mène au temple de Poséidon. Mais là, déception. l'entrée est fermée, et de plus, une enceinte grillagée complétée par un réseau de barbelés en interdit l'accès. On aura essayé ! On est pas français pour rien. nous nous contenterons d'un footing avant de mettre les voiles pour notre première escale dans les îles des Cyclades.
Nous atteignons la baie de nikaulaos et plus précisément la ville de Voutri dans l'ile de Kéa. Ville étant un bien grand mot quand on ne compte qu'un quai auquel sont adossées quelques tavernas et maisons d'habitation. Nous ne sommes pas en pleine saison touristique pour ce qui concerne la plaisance, et pourtant tous les soirs les petits ports et les quelques amarrages sont saturés. Nous retrouvons souvent des voiliers que nous avons croisés lors d'escales précédentes. Les distantes relativement courtes entre les îles et l'absence de vent soutenu et régulier font que la majeure partie des voiliers effectuent leur navigation au moteur. Nous comprenons que leur objectif, en tenant compte de leur temps imparti est de rejoindre leur prochaine escale sans perdre de temps et que la finalité est de découvrir un maximum d'îles. Il ne nous appartient pas d'apprécier la façon dont chacun conçois un déplacement à bord d'un voilier. Pour notre part, nous avons fait le choix de faire de la voile "absolue". Il est bien entendu et plus particulièrement en mer méditerranée où les conditions de vents sont changeantes et aléatoires que nous nous imposons des contraintes qui peuvent nous priver d'escales intéressantes. Mais le plaisir de notre aventure c'est d'abord un voyage "à la voile"
Depuis quelques jours, les nuages ont quitté le ciel et celui-ci est bleu laiteux. La chaleur d'été est maintenant présente dès sept heures le matin et fait monter notre thermomètre du bord à près de trente cinq degrés vers treize heures. L'absence de vent sur la mer et la réverbération de l'eau accentuent les effets du soleil sur notre équipage réfugié à l'ombre du taud du bateau. Mais nous nous sommes adaptés. D'abord par la nouvelle tenue que nous avons adoptée et qui est pareille à celle d'Adam.(Mais il n'y a pas d'Eve à bord). Puis, lorsque l'anémomètre affiche zéro nœud de vent, nous plongeons du bateau dans l'eau bleue et transparente en attendant le retour éventuel d'une simple bise. Nous en profitons toutefois pour entretenir la carène du voilier et lui enlever avec un balai les salissures verdâtres qui s'accrochent à sa ligne de flottaison.
 Le long de la côte de Siros
Comme toutes les îles des Cyclades Kitnos est particulièrement aride. Au cours d'un petit footing, nous constatons l'absence totale de végétation. Seuls poussent des buissons épineux rabougris appréciés de quelques chèvres.
Ne pouvant atteindre notre prochaine escale, Ermoúpolis la capitale des Cyclades dans l'île de Syros, malgré des informations météo favorables, nous mouillions au nord de l'île dans une baie déserte que les anciens marins utilisaient comme refuge lorsque le Meltem se mettait à souffler.
Nous sommes le 22 juin, et depuis midi nous sommes amarrés dans le port d'Ermoúpolis. Le thermomètre du carré indique 33°.
C'est en nuits que nous aurons compté notre présence à Ermoupolis. En effet, la poupe amarrée au quai, les tables des terrasses des tavernas étaient à moins de deux mètres de la plage arrière de Camerone. Et compte tenu que les soirées se terminent fort tard ou alors de bonne heure, ce qui signifie que l'on ne pouvait espérer s'endormir avant trois ou quatre heures du matin. Ajoutons à cela la chaleur (53° mesuré au soleil dans le cockpit) qui vous laisse moite sur votre couchette et vous comprenez que nous avons été satisfaits de quitter ce grand port. Nous n'allons pas loin. Trois milles à peine, pour nous accrocher à une tonne (grosse bouée d'amarrage pour cargos) au sud d'un ilot désert. La translucidité de l'eau nous fait découvrir une l'épave d'une grosse barcasse engloutie au moment où la quille de Camerone passe au dessus. Accrochés à notre tonne, nous plongeons tous à la découverte de ce "vaisseau englouti" .
 L'équipage en plongée
 | |  Un mouillage de rêve
 Le mouillage de Vathi dans l'île d'Ithaque
 Un fort coup de vent
 En vue du pont de Patras

 On franchit le pont de Patras
 Un bateau qui attend de meilleurs jours
 Maël en vigie durant le passage du canal de Corinthe
 L'équipage sur l'acropole
 Que du monde...Que du monde....Que du monde.... Que du monde....
 On boirait bien une bière fraiche
 L'envers du temple d'Athéna
 La baie de Sounion à la pointe sud est de la Grèce.
 Le temple de Sounion dédié à Poséidon
 Le nettoyage de la carène du voilier
 Petite chapelle dans l'Ile de Kéa
De mouillages en amarrages, nous descendons doucement....très doucement poussés par un souffle léger à peine suffisant pour maintenir gonflées nos voiles. Mais c'est un vrai bonheur. Le silence sur la mer est total. Tout juste perçoit-on un léger sifflement le long de la carène indiquant que Camerone avance. La chaleur est intense et entre deux baignades, nous restons à l'ombre dans le cockpit, bercés par la voix de Mano SOLO ou alors les accords de guitare de Jon.. Après l'île de Kéa, c'est autour de l'île Kitnos de nous accueillir sur un ponton.  Une simple bise...
 La capitale des Cyclades Ermoúpolis
Malgré l'absence de vent, il faut pourtant continuer d'avancer comme les jours qui défilent sur notre calendrier et qui nous rappellent que fin aout nous devons être de retour à Gruissan. Nous moullions vers deux heures du matin dans une baie au sud de l'île de Rinia. Malgré la présence d'un quartier de lune, l'approche s'avère délicate. Nous discernons mal les contours rocheux de la côte. Tito est à la barre, Marcus à la table à carte. Le radar tourne, mais les formes qui se dessinent sur l'écran sont trop imprécises pour nous situer avec suffisamment de précision. Le recours à l'ordinateur et sa cartographie numérique assistée par GPS est indispensable. Nous avançons prudemment à moins de deux nœuds. A proximité de la terre l'obscurité est totale. Tout juste si nous situons l'approche des côtes. Tito garde un œil sur le profondimètre. Marcus a recours à un phare à longue portée à allogène, mais celui ci ne renvoie que l'éclat de son faisceau. - Marcus, Marcus, deux voiliers devant tout feux éteints. Le skipper braque le projecteur dans la direction indiquée par Tito, et nous passons à proximité de ces deux bateaux dont les équipages dorment sereinement sans s'être soucié de leur sécurité par la présence d'un feu de mouillage qui indique aux autres voiliers en mouvement leur présence sur un lieu généralement fort encombré.
Après une courte nuit, nous remontons notre chaine et au jour naissant, nous prenons la direction de l'île de Delos, distante de moins de quatre milles, qui fut le centre politique et religieux du monde antique. D'après la légende, ce serait le lieu de naissance d'Apollon. Nous nous encrons derrière un petit îlot dans le canal qui sépare Rinia de Delos et nous partons avec notre zodiac à la découverte des ruines de la célèbre île que certains comparent à Pompéi, non par la similitude de l'architecture, mais par la façon au travers de ces ruines que l'on s'imagine la vie dans l'antiquité.
A l'issue de ces trois heures passées sur ce sanctuaire, cap est mis au sud, sur l'île de Paros où nous passons la nuit dans la ville de Naoussa. Un long footing sur les hauteurs de l'île, nous permet de découvrir quelques cultures et une rivière qui coule jusqu'au port, puis direction l'île de Naxos, la plus grande île des Cyclades.
Et nous voici dans le petit port de Naxos et son quai très animé. Un peu d'approvisionnement, chargement de quelques octets sur internet, puis cap au sud est.
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